Sortlist lève deux millions d'euros pour accélérer son expansion européenne

"Nous n'avons jamais eu la volonté de faire une grosse levée de fonds. Nous avons toujours accordé davantage d'importance au développement d'un modèle sain et pérenne", explique d'emblée Nicolas Finet. En septembre 2017, le cofondateur de Sortlist tenait déjà des propos similaires alors que la scale-up réalisait sa première acquisition sur le marché espagnol avec The Briefers.

LE RÉSUMÉ

Le "matchmaker" pour les entreprises à la recherche des meilleures agences de pub affine religieusement sa stratégie et sort ses crocs.

La scale-up prévoit désormais une ouverture de marché tous les six mois.

À l'époque, Sortlist affichait une bonne santé financière avec 60 millions d'euros de volume d'affaires et ambitionnait de clôturer une levée de fonds de 1 à 2 millions d'euros quelque mois plus tard. Mais la société a finalement décidé de reporter ses plans. "Nous avons stoppé les démarches en plein roadshow parce qu'il était plus urgent de changer notre modèle économique. Nous avons toujours voulu itérer rapidement, nos clients le réclamaient et nous ne pouvions pas mener de front les deux", indique Nicolas Finet.

Du côté des entreprises, rien ne change mais Sortlist a désormais adopté la formule d'abonnement fixe et illimité vis-à-vis des prestataires. Et son approche "matchmaking" - qui consiste à faire le lien entre les agences marketing et de publicité et les entreprises - lui permet toujours de travailler avec une variété toujours plus large de profils d'entreprise. "Nous enregistrons en moyenne 250 demandes par jour, venues du monde entier", souligne le cofondateur. "80% des demandes proviennent de PME, les 20% restants de grands comptes."

En tempérant ses ardeurs, Sortlist a fait un choix judicieux. Le rachat de The Briefers a quelque peu pesé sur la rentabilité de la scale-up, qui n'a renoué avec le break-even qu'en décembre dernier. "Le bilan 2018 est bon. En un an, nos effectifs sont passés de 26 à 45 personnes. La plateforme est désormais disponible en cinq langues et nous sommes présents dans 7 pays. Nous réalisons 170 millions d'euros de volume d'affaires", précise son cofondateur.

Surtout, en refusant de se précipiter, elle s'est offert une opportunité insoupçonnée jusque-là. À l'époque du roadshow, Sortlist avait attiré l'intérêt de gros fonds allemands et français. La scale-up avait maintenu le contact en fournissant des updates réguliers et ces derniers se montraient d'ailleurs toujours intéressés. Sauf qu'entre-temps, plusieurs exits d'entrepreneurs belges ont eu lieu...

Une ouverture tous les six mois

"Sur le papier, c'était nettement plus sexy parce que c'est de l'argent généré par l'écosystème et réinvesti dans l'écosystème. En outre, c'est du smart money car ce sont des entrepreneurs qui ont un sacré bagage", fait remarquer Nicolas Finet. Dans ce nouveau tour de table à hauteur de deux millions d'euros, on retrouve donc notamment François Van Uffelen (Babelway) et Mike Vandenhooft (Newpharma) ainsi que Sambrinvest.

À la fin de l'été, Sortlist a ouvert les Pays-Bas et souhaite poursuivre son expansion européenne avec l'Allemagne à la fin du quadrimestre. "Ensuite, ce sera l'Italie et le Royaume-Uni. Notre objectif, c'est de parvenir à une ouverture tous les six mois", commente Nicolas Finet. La scale-up va également continuer à investir dans le développement de son produit.

A terme, elle entend faire évoluer sa mission au-delà de la simple mise en relation. "Nous voulons faire en sorte que tout le processus de recherche de prestataires et d'achat de services soit le plus simple possible pour les entreprises. Il y a encore beaucoup d'évolutions à venir dans le secteur du marketing et on pourrait encore aller plus loin car dans les services BtoB, d'autres verticales sont de plus en plus externalisées comme le consulting ou le juridique", estime-t-il.

SORTLIST

n Fondée en 2014, Sortlist est une plateforme de matchmaking pour le marché de la pub et du marketing.

n Après une première levée de fonds de 550.000 euros en 2015, elle vient de procéder à un second tour de table à hauteur de 2 millions d'euros.

n La scale-up réalise un volume d'affaires d'environ 170 millions d'euros et emploie 45 personnes.

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