Theresa May en pleine épreuve du feu

Jeremy Hunt succède à Boris Johnson à la tête du ministère des Affaires étrangères. ©© afp

Cinq jours après le "séminaire" gouvernemental organisé par Theresa May à Chequers, le troisième poids lourd des Brexiters au gouvernement, Michael Gove, n'a finalement pas suivi David Davis et Boris Johnson, et a garanti "à 100%" son soutien à Theresa May. Une victoire essentielle pour la Première ministre, qui a joué son va-tout en demandant aux membres de son gouvernement d'adhérer à son plan de Brexit soft, ou bien de démissionner.

LE RÉSUMÉ

La démission de plusieurs ministres favorables au Brexit dur crée une division entre les eurosceptiques du parti Tory.

Theresa May pourrait tirer un avantage décisif de cette clarification qu'elle a su provoquer.

En restant au gouvernement, l'ancien co-directeur de la campagne référendaire pro-Brexit, aujourd'hui secrétaire d'État à l'environnement, crée une scission parmi les Brexiters: il y a désormais ceux qui ont repris leur liberté et qui s'opposent au gouvernement, et ceux qui continueront de faire pression de l'intérieur pour un Brexit "véritable".

La désignation de Dominic Raab, un jeune Brexiter (44 ans), à la succession de David Davis, au poste pivot de ministre du Brexit, est un coup tactique de Theresa May. Tout comme celle de Jeremy Hunt, un Tory indécis, à la succession de Boris Johnson au ministère des Affaires étrangères.

Les démissionnaires promettent désormais une guérilla contre ce gouvernement qui va faire du Royaume-Uni une "colonie de l'Union européenne", selon Boris Johnson. Mais cette promesse est davantage de l'ordre de la posture, après un référendum et deux ans d'action politique qui n'ont pas porté leurs fruits.

Trump arrive au bon moment

Même s'ils remportent un éventuel vote de défiance contre la Première ministre, ils n'auront que peu de chances de sortir vainqueurs de nouvelles élections générales, ni même de placer l'un des leurs (Jacob Rees-Mogg ou Boris Johnson), au poste de leader du parti conservateur, voire de Premier ministre. Avec désormais trois courants en son sein - les Brexiters en colère, les Brexiters résignés, et les europhiles - le parti conservateur risquerait d'imploser en cas d'élections anticipées.

Le danger semble donc écarté à court terme pour Theresa May, d'autant plus que la parution du Livre Blanc avec les nouvelles propositions à l'Union européenne, ce jeudi, marquera sa reprise en main de l'agenda politique.

Côté européen, le négociateur en chef Michel Barnier a envoyé un signal très favorable à May en indiquant, depuis New York, que les deux parties s'étaient accordées sur "80% des négociations".

Dans le même temps, la visite d'État du président américain Donald Trump, pour trois jours, arrive peut-être au meilleur moment pour Theresa May.

Le parti Tory va probablement ajourner le spectacle de ses querelles intestines pour ne pas donner raison à celui qui a, de nouveau, ironisé sur le fait que le Royaume-Uni était en pleine "tourmente", et qui a pris l'habitude paradoxale d'être rude avec les alliés des Etats-Unis et courtois avec les dirigeants des pays hostiles.

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