Theresa May prête à payer 20 milliards à l'UE

Theresa May va prononcer demain, à Florence, son deuxième grand discours sur le Brexit. Elle va tenter d'accélérer le processus pour négocier au plus vite des accords commerciaux, voire un accès indirect au marché unique calqué sur le modèle suisse.

Un mois s'est déjà écoulé depuis la rentrée de Theresa May, effectuée pied au plancher. La litanie de documents publiés tous les trois ou quatre jours et censée affirmer les positions du Royaume-Uni sur le Brexit n'a guère impressionné les négociateurs de l'Union européenne, qui sont restés quasiment inflexibles sur tous les sujets. La volonté britannique de négocier au plus vite des accords commerciaux, si possible en même temps que les autres questions plus "administratives", n'a pas encore trouvé d'écho.

Le discours de ce vendredi, délocalisé symboliquement à Florence, est autant un moyen pour la Première ministre de préciser (édulcorer?) son propos de janvier dernier, à Lancaster House, que de raffermir son autorité intérieure à moins de deux semaines du congrès du parti conservateur.

La bouée de sauvetage de l'EEE

Cela impliquera de faire, pour la première fois, une offre chiffrée pour la facture de sortie de l'Union européenne. La contribution annuelle britannique au budget de l'UE s'établit à environ 12 milliards d'euros, à beaucoup moins si l'on tient compte du rabais. May devrait, selon le Financial Times, s'engager sur 20 milliards d'euros. Downing Street a démenti hier cette information, mais il ne fait guère de doute, depuis plusieurs semaines, que May va céder sur ce point, au plus tard d'ici deux semaines. Le risque politique est faible puisque ces 20 milliards ne représentent qu'une part modeste des 60 à 100 milliards qu'espère récupérer l'Union européenne.

Bataille avec les Brexiters

Sur les questions commerciales, May est sur la même ligne que le ministre de l'économie Philip Hammond, qui souhaite un maintien dans l'Espace économique européen (EEE) et un accès indirect au marché unique, sur le modèle suisse.

May continue parallèlement de repousser les ultimes assauts des Brexiters, menés par Boris Johnson et David Davis. Le Department for Exiting the European Union a subi une réorganisation qui voit Davis perdre une partie de son pouvoir dans le cadre des prochaines négociations.

Les marges de manoeuvre sont de plus en plus limitées puisque les Etats-Unis viennent de signifier leur refus de négocier des accords bilatéraux avec le Royaume-Uni tant que celui-ci n'aura pas réglé ses affaires avec l'UE. C'est un nouveau coup dur pour les diplomates britanniques, qui s'étaient prosternés devant Donald Trump après son élection pour négocier au plus vite des accords commerciaux et mettre en difficulté l'UE.

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