Un gestionnaire pour les dons industriels aux plus précarisés

Plus de 600 palettes stockées à Anvers attendent d'être données à des organismes d'aide.  ©© Jonas Roosens

Depuis près de quatre ans, l'ASBL Goods to Give joue les passerelles entre les mondes industriel et caritatif. Sa mission: récolter les produits non-alimentaires donnés par les entreprises et les distribuer aux associations.

Un gigantesque entrepôt logé dans le port d'Anvers. À l'intérieur, des rangées interminables de rayons hauts de plusieurs mètres, sur lesquels s'entassent des palettes de produits divers.

L'une de ces allées sert à stocker plus de 600 palettes de produits d'hygiène et d'entretien, de pots de peinture, de chaussures, de matériel scolaire, de matelas ou de... cuvettes de WC. Que du neuf.

Depuis 2013, l'ASBL Goods to Give, qui s'inspire d'une initiative née trois ans plus tôt en France - l'Agence du Don en Nature (ADN) -, se consacre à la collecte de produits neufs non alimentaires invendus auprès des fabricants. L'association, qui loue des espaces à un gros logisticien américain, prend en charge le stockage et assure la redistribution des produits à des organisations sociales d'aide aux plus précarisés (CPAS, épiceries sociales, ONG...).

"Nous avons créé cette ASBL en partant du constat qu'il y a trop de produits qui restent dans les entrepôts des entreprises. En Belgique, il y a pour 100 millions d'euros de valeur de marché en surplus de stocks", explique Isaline Desclée, directrice de Goods to Give.

L'association, qui tourne avec quatre salariés, travaille aujourd'hui avec un réseau de 270 organisations actives partout en Belgique. Celles-ci prennent leurs commandes en consultant le site internet, où les stocks disponibles sont régulièrement mis à jour.

Les produits étant donnés, l'ASBL n'en recueille aucun revenu. Elle se finance par deux canaux. Une moitié de son budget est couverte par les dons de cinq mécènes: la banque Puilaetco Dewaay, le groupe de presse Mediahuis, le groupe GBL, la Fondation Carrefour et le gestionnaire de fonds CapitalatWork. Le reste provient d'une petite contribution des associations pour les produits donnés. La livraison de ceux-ci, facultative, est payante.

Responsabilité sociétale

Parmi la grosse trentaine d'entreprises partenaires - dont 15 à 20 fournisseurs réguliers -, on trouve quelques grands noms comme L'Oréal, Henkel, Procter & Gamble, Ikea ou encore Décathlon. Quel intérêt ont-elles à donner, sachant qu'elles doivent s'acquitter de 21% de TVA sur les produits donnés alors que leur destruction est déductible?

"Les entreprises sont de plus en plus conscientes de leur responsabilité sociétale, qui passe par la création d'une plus-value durable pour les consommateurs et pour la société. Et si nous avons choisi de confier nos donations à Goods to Give, c'est parce qu'elle est remarquablement organisée et agit en toute transparence. Nous savons où vont nos produits", dit Els Bruyninckx, porte-parole de Henkel.

L'apport de Goods to Give est de plus en plus substantiel. "En moins de quatre ans, nous avons redistribué des produits valant 7,5 millions d'euros en valeur de marché, qui ont permis d'aider 215.000 personnes. Et pour 2017, nous ambitionnons de redistribuer pour 3,3 millions d'euros et d'aider 230.000 personnes", souligne Isaline Desclée.

Le combat est loin d'être terminé: 21% de la population est exposée au risque de passer sous le seuil de pauvreté, un chiffre qui ne baisse pas. "Mon rêve, pour les années à venir, c'est que le réflexe de la donation devienne aussi naturel pour les entreprises que pour le particulier qui va déposer dans les conteneurs des associations les vêtements qu'il ne met plus", ajoute la responsable de Goods to Give.

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