Un potentiel énergétique gît sous nos pieds: la géothermie

©Jonas Lampens

La géothermie, c'est l'exploitation de la chaleur qui existe naturellement dans le sous-sol pour chauffer les bâtiments. On parle ici de profondeur de 4 à 5 kilomètres (géothermie profonde). Le potentiel est énorme, en Wallonie surtout. Nous aurions de 2.500 à 3.000 GWh thermiques enfermés sous nos pieds. De quoi chauffer l'équivalent d'environ 140.000 foyers wallons. À terme, et en optimisant cette filière, les partenaires de ce projet espèrent réduire chaque année de plus de 7 millions de tonnes les émissions de CO2 dans la région.

Quand aurons-nous accès à cette énergie? Pas tout de suite, on n'en est encore qu'à l'exploration. Mais le cadre se met progressivement en place. Fin janvier, le gouvernement wallon a adopté en première lecture un avant-projet de décret visant à instaurer une garantie sur les futurs projets d'exploration. Le but est de protéger les investissements d'entreprises qui seraient intéressées mais qui n'osent pas encore s'y risquer. Difficile en effet de mesurer le rendement d'une telle exploitation.

Une autre source de financement pour l'exploration provient d'un projet de recherche européen, le "DGE-Rollout" qui vient tout juste de démarrer (DGE pour Deep geothermal energy). "Le DGE est un projet interrégional européen (Interreg NWE) qui vient tout juste de démarrer", explique Ben Laenen, du VITO (Institut flamand pour la recherche technologique). Le VITO est un des deux partenaires officiels belges dans ce projet européen, avec le service géologique de l'Institut royal des sciences naturelles de Belgique.

Ce projet, d'un budget de 18,7 millions d'euros, est essentiellement financé par l'Europe (11,16 millions). Le reste du budget provient de financements publics et des partenaires impliqués. À ce jour, en Belgique, la province de Limbourg y va également de sa poche, à hauteur de 126.000 euros.

Une seule entreprise est pour l'instant active dans la géothermie en Belgique: la filiale Fabricom d'Engie (la maison mère d'Electrabel). Elle travaille à la construction d'installations à Mol, en Flandre. En Wallonie, le groupe CMI étudie de très près le dossier. Il y a aussi cette petite entreprise, Earthsolution, qui s'y est frottée, mais malheureusement elle a mis la clé en dessous du paillasson, faute de projets concrets.

Le projet n'a d'ailleurs pas que des supporters. "ça ne marchera jamais, nous dit Damien Ernst, professeur à l'ULiège. Le potentiel n'est que de 0,05 watt par mètre carré. Au départ, ça va, et puis les nappes se refroidissent très rapidement, sauf dans des endroits extrêmement favorables, comme l'Islande. Je ne comprends pas pourquoi les pouvoirs publics subventionnent ce type de projets." S.Q.

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