Un rendement de 850% pour le Fonds régional bruxellois de l'audiovisuel

Le fonds d'investissement bruxellois dans l'audiovisuel poursuit son oeuvre. Les 3 millions investis cette année ont entraîné 25 millions de dépenses dans le secteur audiovisuel local.

Créé en 2016, le Screen Brussels Fund, le fonds public d'investissement bruxellois dans l'audiovisuel bruxellois a atteint sa vitesse de croisière. L'équivalent bruxellois de Wallimage, doté d'un budget d'investissement de 3 millions d'euros par an, a investi cette année dans 32 projets audiovisuels sur un total de 73 dossiers reçus, soit un taux d'acceptation de 44% en ligne avec les deux années précédentes.

On compte 11 longs métrages, 8 documentaires, 7 séries et web séries, 5 projets d'animation et, pour la première fois, une expérience en réalité virtuelle. On note un équilibre entre films d'initative belge et films où les Belges sont minoritaires dans la production. Malgré la hausse du crédit d'impôt français qui rend la Belgique moins attractive pour les producteurs hexagonaux, la France reste le premier partenaire étranger du fonds. L'Italie, l'Espagne, le Royaume-Uni, l'Allemagne, les Pays-Bas, l'Autriche, l'Irlande figurent également parmi ses partenaires.

Parmi les projets notables soutenus, on note les nouveaux films de réalisateurs belges réputés comme "Ahmed" des frères Dardenne, "Rendez-vous in paradise" d'Alain Berliner ou encore "La frontière" de Frédéric Fonteyne. Il y a aussi une série prestigieuse, l'adaptation des "Misérables" par la BBC et le producteur belge Czar, ou encore la saison 2 d'"Unité 42", une des séries de la RTBF. Tous ont fait appel au savoir-faire des prestataires de services locaux et/ou ont été tournés (en partie) à Bruxelles.

Pour bénéficier du fonds, le producteur doit apporter 40% du budget et s'engager à dépenser au moins 250.000 euros dans l'industrie audiovisuelle locale: techniciens, décors, post-production, comédiens... Pour des productions plus légères (documentaires, web séries) les conditions sont plus souples.

L'objectif est, en effet, de générer de l'activité économique. Les chiffres montrent que cet objectif est largement atteint. Les 3 millions investis par la Région ont généré 25,5 millions de dépenses audiovisuelles, soit un retour sur investissement de 850%. En outre, trois entreprises dont le core business est le cinéma se sont installées à Bruxelles cette année. Au total, le fonds a investi, depuis sa création en 2016, près de 9 millions, qui ont généré un retour sur investissement de près de 900%, soit 80,6 millions de dépenses.

Reste à voir si ce bel élan se poursuivra. Le secteur craint en effet une baisse des levées de fonds via le Tax shelter (incitant fiscal pour les entreprises qui investissent une partie de leur bénéfice imposable dans l'audiovisuel) suite au tax shift qui rend ce système moins intéressant pour certains investisseurs. Cela risque-t-il de freiner le nombre de projets, et donc le recours aux fonds régionaux? Ou, au contraire, ces derniers vont-ils être considérés comme une soupape bienvenue?

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