Une esthétique de la violence

Lucien Murat "Sang Thor" (2016, détail). ©rv

"Oups, I did it again!", Lucien Murat

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LKFF Art & Sculpture Projects, jusqu'au 3 décembre, 15 rue Blanche, 1050 Bruxelles, du mercredi au samedi de 12 à 18h ou sur rendez-vous.02 345 92 26, www.lkff.be

Né en 1986, Lucien Murat est fasciné par le concept de la fin du monde comme nous avions déjà pu le constater l'an dernier avec son exposition "Tidy Chaos" (chaos organisé). Il revient à la Galerie LKFF avec de nouvelles pièces et l'amorce d'une nouvelle évolution.

Formé aux Ateliers de Sèvres à Paris et à la prestigieuse école de St Martins à Londres, Lucien Murat fait partie de cette génération marquée par les attentats du 11 septembre auxquels il fait de nombreuses références. On retrouve ainsi dans cette superposition de têtes de clowns traversée par huit avions une allusion évidente aux Twin Towers. Tout comme ces jambes galbées de jeunes danseuses qui sortent de la tête de Ben Laden. L'artiste pioche également dans des images de mythes et légendes, comme le cheval qui se cabre, pour créer une nouvelle forme de mythologie contemporaine empreinte de violence. Il utilise des canevas tissés reprenant des images d'Épinal ou des figures classiques, chefs-d'oeuvre de la peinture vulgarisés, tableaux équestres ou scènes pastorales, très kitch, sur lesquels il peint à l'acrylique. "C'est une façon de confronter l'inconscient collectif à une violence contemporaine", commente l'artiste. L'univers des jeux vidéo est également très présent dans son oeuvre pour traduire la perception de la violence au travers des écrans. "Sur un écran, le spectateur de la violence la voit plus théâtrale, plus grandiose, ajoute Lucien Murat. On a tendance à voir du sublime dans la violence." L'artiste détourne également les codes classiques comme lorsqu'il remplace le cadre fleuri habituel par l'image du virus Ebola agrandie au microscope. Tant les écrans que la tapisserie induisent un rapport au pixel qui guide actuellement Lucien Murat vers une autre forme d'expression. D'un dessin, il extrait le pixel, la matière pour en faire autre chose. Ainsi, la louve, symbole de Rome, se transforme en un rottweiller agressif et écorché ou un taureau, symbole de violence et en même temps de fragilité. Cette nouvelle voie vers la 3D le conduit vers la sculpture dans des oeuvres tridimensionnelles qui occupent l'espace et expriment un rapport au passé au travers des peintres qui les inspirent. D.B.

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