Citobi se déleste pour mieux grandir

Le spécialiste de la gestion de la relation clients cède sa filiale MediQuality au groupe américain WebMD pour plus de 10 millions d'euros.

C'est une opération d'envergure que vient de réaliser le groupe néo-louvaniste Citobi, actif dans les logiciels de gestion de la relation clients via la marque Actito. Il a cédé sa filiale MediQuality, positionnée dans le secteur pharmaceutique, à l'américain WebMD. Le montant de l'opération n'a pas été communiqué, mais il s'agit selon Benoît De Nayer, cofondateur de Citobi, d'un montant "au-delà de deux chiffres", donc au moins 10 millions d'euros.

Dans la foulée, Pierre De Nayer, frère de Benoît, va prendre la direction de MediQuality. Il quitte donc Citobi, tout en en restant actionnaire avec son frère et Kenya Rose. Le trio en possède la majorité des parts, le solde appartenant à des business angels et à des proches.

Un leader mondial

Citobi avait racheté MediQuality, spécialisée dans l'information médicale (newsletters, formation, networking, etc.) en 2008. Elle y a greffé son logiciel Actito. Implantée également aux Pays-Bas et au Luxembourg, MediQuality a multiplié depuis ses revenus par dix. Cela a attiré l'attention du groupe américain WebMD, présenté comme le n°1 mondial dans les services d'information à destination des médecins, en quête d'une tête de pont pour se développer en Europe, lui qui n'est présent que via des sites web en France, en Allemagne et au Portugal.

"Pour nous, c'est le partenaire idéal car, pour se développer, MediQuality avait absolument besoin de s'adosser à un grand groupe, indique Pierre De Nayer qui dirige Citobi avec Kenya Rose. Je crois que ce qu'ils ont apprécié, c'est notre approche purement locale." Les 16 collaborateurs de MediQuality resteront logés dans les locaux de Citobi, qui continuera à lui fournir sa plateforme technique.

Les montants dégagés permettront à Citobi de développer Actito. "C'est un outil très gourmand en capital humain, que ce soit en recherche et développement ou en sales & marketing", relève Benoît De Nayer. Grâce à la vente de MediQuality, plusieurs millions d'euros vont donc être affectés dans les trois années à venir à ce développement, notamment à l'étranger, via des acquisitions ciblées. "Nous voulons nous démarquer des grands acteurs américains car nous pouvons nous adapter plus facilement aux contraintes du marché européen, notamment le RGPD", indique Benoît De Nayer.

Segment intermédiaire

Le patron de Citobi relève par ailleurs que son entreprise est bien positionnée sur le marché. "Entre les petits acteurs locaux et les géants américains comme Adobe, Oracle ou Salesforce, qui s'adressent à de tout grands clients, nous sommes quasi seuls sur le marché intermédiaire, les toutes grosses sociétés américaines ayant racheté nos principaux concurrents", poursuit-il. Le français Neolane a été repris par Adobe et le belge Selligent par HGGC.

Présent aujourd'hui dans quatre pays (en Belgique, en France, aux Pays-Bas et depuis peu au Canada, à Ottawa), Citobi revendique 250 clients, dont la SNCB, la RTBF, Tom & Co, Connections, MaxiToys, Kia et Friesland Campina.

En 2017, soit avant la cession de MediQuality, Citobi a réalisé un chiffre d'affaires de 7,756 millions d'euros et un résultat net de 85.000 euros. "Dans les deux ans à venir, nous ambitionnons de dépasser les dix millions de chiffre d'affaires et de recruter au moins trente personnes, tant la demande est importante", assure Benoît De Nayer. À ce jour, Citobi occupe une centaine de collaborateurs, dont la majorité à Louvain-la-Neuve.

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