Engie concentre ses efforts pour accélérer sa croissance

Les priorités d'Engie? 20 pays et 30 métropoles, les entreprises privées et les collectivités locales, les renouvelables et les services à haute valeur ajoutée.

LE RÉSUMÉ

Engie dit vouloir devenir leader mondial de la transition zéro carbone.

Sa recette? Concentrer ses efforts pour accélérer la croissance.

La question récurrente des analystes financiers à Engie? Quels sont les nouveaux relais de croissance, après un plan 2016-2018 qui a conduit à céder pour près de 15 milliards d'euros d'actifs, principalement des centrales électriques au charbon et des activités dans l'amont pétrolier et gazier?

Le groupe, qui déclare vouloir devenir leader mondial de la transition zéro carbone, a répondu jeudi en dévoilant à Londres, devant la communauté financière internationale, un nouveau plan stratégique pour les trois années à venir. Sa recette? Concentrer ses efforts pour accélérer la croissance. Une clarification bienvenue, alors que l'Etat français, actionnaire à 23,64%, pourrait céder sa participation.

Quitter une vingtaine de pays

La concentration sera géographique, d'abord. Aujourd'hui présent dans une septantaine de pays, Engie annonce qu'il va intensifier ses investissements dans 20 pays et 30 métropoles. Il n'a pas fourni de liste exhaustive, mais il cite dans ses priorités l'Europe de l'Ouest, l'Amérique du Nord, l'Australie et Singapour, mais aussi des pays comme la Roumanie, le Mexique, le Brésil, le Chili, le Pérou ou la Colombie. Il veut également augmenter sa présence en Afrique et en Asie du Sud-Est, en se concentrant sur des métropoles.

Il annonce qu'il va, par ailleurs, quitter d'ici 2021 une vingtaine de pays, mais sans préciser lesquels. La Belgique, où le groupe est un acteur historique majeur, n'est pas concernée, même si les déboires de ses réacteurs nucléaires, qui n'ont été disponibles que 52% du temps en 2018, ont lourdement pesé sur les résultats: cela a privé Engie de 700 millions d'euros d'ebidta, que d'autres éléments ont pu compenser.

Moins de clients et de métiers

Le groupe veut aussi être plus sélectif en termes de clients et de métiers. Il va désormais cibler les entreprises privées et les collectivités locales, qui tirent aujourd'hui la transition énergétique, une transition qui était auparavant poussée par les Etats, explique Isabelle Kocher, CEO du groupe.

Et en termes de métier, Engie va mettre la priorité sur les renouvelables, où il veut ajouter 9 GW de capacités de production à son portefeuille existant, dont la moitié chez ses clients. Les "solutions clients", des contrats intégrés qui peuvent inclure la conception d'infrastructures, leur financement ou leur gestion, sont l'autre priorité du groupe français. "Nous avons sondé des milliers de clients et ils nous ont tous dit la même chose: 'Venez avec des solutions intégrées qui soient financées'. Il y a un marché considérable", affirme Isabelle Kocher.

Dans la vente d'énergie, le groupe va également mettre l'accent sur les services, mais en limitant ses ambitions dans la fourniture de gaz et d'électricité aux particuliers, une activité où les marges sont faibles. Il ne la poursuivra que là où il est déjà présent - c'est le cas en Belgique, où il est, et de loin, le plus gros fournisseur.

"Nous sommes à un carrefour, souligne Isabelle Kocher. Ces trois dernières années, nous avons posé les fondations d'une entreprise plus profitable. Nous sommes devenu un des plus importants développeurs d'énergies renouvelables. Et nous avons commencé à nous construire une réputation solide dans l'innovation, avec des activités encore émergentes à l'échelle d'Engie, mais qui seront sans doute très importantes dans le futur, comme la recharge des véhicules électriques, les microréseaux ou l'hydrogène. Nous devons maintenant utiliser ces différents ingrédients pour construire une proposition unique."

La transformation n'est pas terminée: Engie compte encore vendre pour 6 milliards d'euros d'actifs d'ici 2021, notamment des centrales au charbon. Et sur la même période, il annonce 11 à 12 milliards d'euros d'investissements de croissance. Un effort qui sera notamment rendu possible par un nouveau programme d'économies de 800 millions d'euros, en ciblant sur les achats, la numérisation et les services partagés, un plan de réduction des coûts qui s'ajoute à celui de 1,3 milliard déjà réalisé sur la période 2016-2018. Tout cela devrait faire progresser le résultat net courant de 7 à 9% par an, affirme Engie.

Alors que le groupe est candidat à l'achat du réseau de gazoducs de Petrobras (TAG) et qu'il est cité comme possible repreneur du néerlandais Eneco et de certains actifs du portugais EDP dans les renouvelables, Isabelle Kocher estime que le groupe doit se montrer "très sélectif" en matière d'acquisitions. "Je ne peux pas considérer qu'une grosse acquisition constitue une stratégie, avertit Isabelle Kocher. Il faut rester focalisé, et que les rachats soient au service d'un dessein."

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