L'Europe finance des ONG liées au boycott d'Israël

Le BDS (pour boycott, désinvestissement, sanctions) milite afin qu'Israël quitte les territoires occupés. ©© EPA

L'Union européenne rejette le boycott d'Israël et les activités du BDS. D'un autre côté, dénonce Israël, l'UE subventionne les ONG soutenant ce boycott.

L'Union européenne apporte son soutien direct à des ONG promouvant le boycott des produits israéliens et le mouvement "BDS" (pour boycott, désinvestissement, sanctions). En 2016, l'UE a versé une aide d'environ cinq millions d'euros à dix-sept ONG "favorables" au boycott. Par ailleurs, certaines de ces ONG apporteraient leur soutien à des organisations palestiniennes répertoriées comme groupes terroristes par l'UE et les Etats-Unis, comme le Hamas et le Front populaire de Libération de la Palestine (FPLP, "Al-Jahba").

C'est ce qui ressort d'un rapport du ministère israélien des Affaires stratégiques et de la diplomatique publique. Le document, d'une quarantaine de pages, analyse les flux financiers entre les institutions européennes et ces organisations, noms et chiffres à l'appui. On trouve dans cette liste des ONG des Pays-Bas, du Danemark, de Norvège, d'Irlande, d'Italie, du Royaume-Uni et de Palestine.

Le problème pour ces ONG, et pour l'UE, c'est que le boycott est une arme rejetée par les institutions européennes. La haute représentante de l'UE Federica Mogherini est claire sur le sujet: l'UE rejette les campagnes du BDS, même si elle ne peut s'opposer, au nom de la liberté d'expression, à du lobbying en faveur du boycott de produits israéliens.

1,76 million pour une ONG condamnée en Amérique

Le cas le plus frappant est celui de l'ONG norvégienne NPA ("Norvegian People's Aid"). Cette organisation a été condamnée en 2018 par la justice américaine à une amende de 2 millions de dollars après la découverte d'un projet en coordination avec le Hamas et le FPLP (Front populaire de libération de la Palestine). Or, NPA a reçu à elle seule 1,76 million d'euros de l'Union en 2016. De plus, NPA est connu pour appeler les fonds de pension norvégiens à retirer leurs investissements d'entreprises israéliennes qui "soutiennent la violation des règles internationales dans les territoires occupés" comme Motorola, HP ou G4S. NPA demande aussi aux banques norvégiennes de mettre ces entreprises sur liste noire.

Une ONG catholique

L'ONG néerlandaise PAX, liée à Pax Christi, une organisation internationale catholique proche de l'Église, est elle aussi accusée de soutenir le BDS. Pax Christi a également réclamé auprès de l'Union européenne des sanctions économiques contre Israël. En 2016, PAX a reçu 456.902 euros avec deux autres ONG néerlandaises.

PAX, contactée par nos soins, nie tout lien avec le BDS, ce qui irait à l'encontre des règles suivies par les Pays-Bas. Toutefois, l'ONG reconnaît prôner le boycott de produits fabriqués par des entreprises israéliennes établies dans les territoires occupés. "PAX n'a rien à voir avec le BDS. Nous n'avons jamais appelé au boycott d'Israël mais bien au boycott des produits fabriqués par des entreprises israéliennes dans les territoires de la Palestine occupée", dit Pieter Dronkers, responsable du programme Israël-Palestine de PAX, "ceci dit, vous n'êtes jamais sûr qu'un produit vient ou pas d'Israël", ajoute-t-il.

Cette ligne est-elle conforme avec celle de l'Église catholique? "Aucune doctrine catholique de l'Église universelle ne va dans le sens du boycott de quiconque par quiconque", répond le père Tommy Scholtes, porte-parole des Évêques, "l'Église est pour le dialogue et le respect".

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