L'Europe travaille à une définition de la durabilité

©Filip Ysenbaert

En l'absence de définition claire, il est très difficile d'évaluer le caractère durable d'un investissement. La Commission Européenne est en voie de finaliser une meilleure définition du concept.

En 2015, 193 pays des Nations Unies ont fixé 17 objectifs de développement durable à atteindre d'ici 2030. Il s'agit entre autres de limiter le réchauffement de la planète, de réduire la consommation d'eau, de combattre la pauvreté, etc. Pour pousser les pays à réellement s'engager, l'Europe a élaboré un plan d'action. Un groupe d'experts de la Commission Européenne travaille notamment à l'établissement d'une liste d'activités économiques durables (taxonomie) qui devrait permettre aux investisseurs d'identifier plus facilement les entreprises qui travaillent à ces objectifs de développement. Trois chantiers sont aujourd'hui en cours.

1. Taxonomie

Le groupe d'experts a longuement discuté de la forme à donner à cette taxonomie. Ils se sont notamment posé la question de savoir s'il fallait opter pour une taxonomie < > ou < >. La taxonomie < > reprend les activités durables, tandis qu'une taxonomie < > identifie les activités non durables. Les experts ont opté pour la première solution.

< >, explique Pieter Furnée, Global Head Client Coverage for Sustainable Investing chez DWS.

On peut se demander si cette définition mettra fin à la subjectivité qui caractérise aujourd'hui l'évaluation des activités durables. < >, explique Pieter Furnée. < >, poursuit Furnée. Et les fonds d'investissement pourront fournir des informations plus précises sur l'empreinte environnementale des sociétés reprises dans leurs fonds.

2. Benchmark

L'Europe travaille également à un benchmark, une sorte d'indice de référence reprenant les entreprises durables. Il existe déjà de nombreux indices de référence durables, mais ils sont développés sur la base des définitions des fournisseurs d'indices. C'est ce qui explique la volonté de l'Europe de mettre au point des benchmarks qui seraient communément acceptés: les Low Carbon benchmarks. Le premier benchmark comprendra les entreprises qui sont déjà alignées sur les objectifs de développement de Paris, tandis qu'un autre indice reprendra les sociétés qui sont en transition. Les gestionnaires de fonds pourront s'appuyer sur ces benchmarks pour composer leurs portefeuilles.

3. Obligations vertes

Le troisième volet du plan d'action de la Commission Européenne porte sur la définition des obligations < >. Elles existent déjà, mais ne sont pas définies avec précision. < >, explique Pieter Furnée.

C'est pourquoi l'Europe travaille à une définition claire des obligations < >, avec des conditions de reporting, afin que le client puisse contrôler si le projet est effectivement écologique.

Ces trois chantiers sont déjà à un stade très avancé. On s'attend à ce que la Commission Européenne publie la première partie de la taxonomie en juin prochain.

À chacun sa définition

UN PRI

Il s'agit d'un réseau international d'investisseurs qui se sont engagés avec le soutien des Nations Unies à mettre en pratique les six principes de l'investissement responsable. Les investisseurs institutionnels faisant partie du groupe doivent démontrer que leur processus d'investissement est conforme à ces principes. Pas moins de 2.369 maisons de fonds et investisseurs institutionnels ont déjà signé cet engagement. La liste peut être consultée sur www.unpri.org.

FEBELFIN

En Belgique, la Beama, l'association des gestionnaires de fonds, dispose depuis longtemps de sa propre définition des fonds durables. Fin 2018, 100 fonds étaient reconnus comme < > (Investissement Socialement Responsable et Durable). Début 2019, la fédération belge des banques, Febelfin, a apporté sa pierre à l'édifice. Désormais, les fonds peuvent se porter candidats pour l'obtention d'un label de durabilité. La Beama s'attend à ce que les premiers labels soient accordés en novembre prochain.

FOURNISSEURS D'INDICES

Les fournisseurs d'indices comme MSCI et FTSE appliquent leurs propres définitions et proposent des indices estampillés < >. Des trackers et fonds indiciels cotés sont considérés comme durables sur la base de ces indices et commercialisés comme tels.

FOURNISSEURS DE DONNÉES

Les fournisseurs de données disposent également de leurs propres définitions. Sustainalytics est le fournisseur de données le plus connu, accordant des ratings de durabilité aux entreprises.

Sustainalytics est détenu à hauteur de 40% par le bureau d'analyse Morningstar, qui évalue également les fonds d'investissement sur la base de leur durabilité. Le groupe de médias et de services financiers Bloomberg est aussi connu pour ses ratings de durabilité.

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