La décolonisation du Musée d'Afrique à Tervuren passe aussi par la terminologie

©Photo News

Ne dites plus "tam-tam", mais "tambour à fente". De même, ne dites plus "tribu", mais "groupe ethnique". Bambi Ceuppens, anthropologue et commissaire scientifique auprès du Musée d'Afrique à Tervuren, a rédigé des recommandations linguistiques à l'adresse du personnel et des collaborateurs du nouveau musée qui va s'ouvrir le 8 décembre prochain, une fois les collections installées dans le bâtiment rénové.

On se souvient à quel point l'ancien musée avait mal vieilli, dégageant une impression de nostalgie de l'ère coloniale et de paternalisme vis-à-vis de la culture africaine. "Je voulais que les scientifiques réfléchissent à la portée des mots qu'ils utilisent et aux stéréotypes qu'ils véhiculent", explique l'anthropologue aux origines africaines. Résultat: le terme "jungle" devrait être remplacé par "forêt tropicale", celui de "hutte" ou "case" par "maison". Le mot "esclave" n'est certes pas proscrit, mais il faudrait alterner avec "une personne vendue comme marchandise" afin d'éviter toute banalisation.

Selon la langue, certains termes passeront mieux que d'autres. Un "Blanc" se dit en français mais pas en néerlandais où on préférera "wit" plutôt que "blank". "Les scientifiques doivent montrer l'exemple et apprendre au grand public quelle est la terminologie exacte", estime Bambi Ceuppens.

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