La filière de recyclage du plastique prend forme en Wallonie

Le projet PlastiPak s'inscrira dans une chaîne de recyclage intégral des bouteilles en PET. ©© REUTERS

Une filière industrielle de recyclage du plastique se met enfin en place en Wallonie. Dans le cadre de son plan d'investissement de 5 milliards d'euros sur six ans, le gouvernement wallon a identifié ce secteur comme prioritaire et lui a alloué une enveloppe de 60 millions. Mieux, il a lancé en février dernier un appel à projets, auquel 25 entreprises ont répondu. Un jury d'experts présidé par Yves Noël, le président de l'entreprise d'extrusion NMC, a sélectionné les six projets les plus prometteurs sur la base d'une série de critères tels que la dimension stratégique et le réalisme du plan. "L'objectif est très ambitieux, a déclaré Yves Noël: il s'agit de créer une filière complète, qui soit synonyme de création de valeur ajoutée et d'emplois en Wallonie et qui permette à la Région de se montrer réactive par rapport aux buts à atteindre définis au plan européen en matière de recyclage." L'UE impose aux États membres de recycler au moins 30% de leurs plastiques d'emballage d'ici 2030, pour rappel.

LE RESUME

Six projets d'unités de recyclage ont été retenus par le gouvernement wallon; de quoi créer une véritable filière industrielle.

Les usines à construire déboucheront sur la création de 350 emplois et traiteront 156.000 t par an.

Accompagné de ses collègues de l'Économie Pierre-Yves Jeholet et de l'Environnement Carlo Di Antonio, le ministre-président wallon Willy Borsus a signé ce jeudi les conventions de collaboration avec les dirigeants des sept entreprises impliquées dans les six projets. Ceux-ci vont déboucher sur la construction de six usines de recyclage de plastique qui traiteront 156.000 tonnes par an. Elles permettront la création de 350 emplois directs. Il en ira de 120 millions d'euros d'investissement, dont 47 millions seront financés par la Région via la SRIW (surtout sous forme de prêts). "C'est le commencement d'un vaste chantier, a souligné Pierre-Yves Jeholet. La Région était très bon élève de l'UE en collecte et traitement de déchets, mais pas à la pointe en matière de plastique." Sous-entendu: cela devrait changer.

Parmi les six projets, le groupe canadien Lavergne va recycler des polymères techniques en provenance de déchets électriques et électroniques. Il investira 15,7 millions dans la nouvelle usine, avec 6,8 millions d'argent public.

L'américain PlastiPak et sa filiale grand-ducale LuxPet vont installer une unité de traitement des déchets plastiques PET, en amont de leur usine grand-ducale (lire l'encadré). Un investissement de 21 millions, dont 10 millions publics.

Le français Machaon va créer une unité de recyclage de films plastiques PEBD, qui alimentera en aval des usines productrices de matières premières. Dix millions prévus au programme, dont la moitié publics.

"PU2Pol" est le nom de code du projet mené par le français Suez (Suez R&R Be Wallonie): il s'agit de bâtir une unité de recyclage de mousse en polyuréthane au départ de matelas usagés. Les mousses retraitées pourront servir à produire de nouveaux matelas ou des matériaux isolants. Quatre millions à investir, à 50% publics.

Le groupe de traitement de déchets britannique Renewi va déployer une unité de recyclage de plastiques rigides pour régénérer des composants pour usines de production. Un investissement de 9,7 millions, dont 1,6 million public.

Le français Total et le belge Vanheede vont construire ensemble une plateforme multimatière qui traitera elle aussi les plastiques rigides pour en faire des granulats. Ce projet baptisé ToVaRec nécessitera 54 millions, dont 21 millions publics.

"Ces projets ne permettront pas uniquement de créer une activité locale, mais aussi de récupérer certains flux de matières qui partaient à l'étranger pour les traiter sur le sol wallon", conclut Laurent Dauge, directeur de Renewi pour la Wallonie.

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