Le "onze de base" d'Agoria pour la Coupe du monde en Russie est connu

Onze entreprises belges fourniront des produits et services à la Coupe du monde en Russie. Une belle vitrine pour la plupart d'entre elles.

LE RÉSUMÉ

Technologies vidéo, terrains hybrides, sprays pour arbitres...: onze sociétés belges seront présentes au Mondial en Russie.

C'est notamment le résultat du travail du Sports & Entertainment Technology Club d'Agoria.

Un outil de lobbying unique au monde.

Après le sélectionneur fédéral, Roberto Martinez, qui a livré lundi la liste des 23 Diables Rouges pour la Coupe du monde de football qui démarre le 14 juin en Russie, la fédération des entreprises technologiques Agoria a communiqué à son tour la liste des sociétés belges qui fourniront produits et services aux organisateurs de l'événement.

Elles étaient douze lors de la précédente édition au Brésil en 2014, douze également lors de l'Euro en France en 2016. Cette fois elles sont onze, soit autant que dans une équipe de foot. Tout un symbole (lire l'infographie ci-contre). Ces onze sociétés font partie du Sports & Entertainment Technology Club (SETC), structure lancée par Agoria et le Comité olympique belge pour amener les entreprises belges à prester pour les organisateurs des grands événements (Coupe du monde et Euro de football, Jeux Olympiques, etc.), sources d'importants débouchés. Une septantaine d'entreprises constituent ce club.

Habitués et novices

Parmi ces onze sociétés figurent quelques habituées de ces grand-messes, comme les liégeoises EVS et WNM, NEP (ex-Outside Broadcast), Grass Master ou Wollux. "Nous fournirons nos systèmes d'aide à la production télé à la société HBS, qui capte les images pour la Fifa, et nous louerons des serveurs à des chaînes de télévision, indique Geoffroy d'Oultremont, directeur de la communication d'EVS: au total nous enverrons entre 10 et 20 personnes sur place."

Sa voisine de WNM, spécialisée dans les solutions d'interphonie sans fil reliant les opérateurs techniques dans les douze stades, en est déjà à son troisième Mondial. Elle enverra une douzaine d'ingénieurs du son (un par stade) et six autres chargés de délivrer le signal international aux chaînes de télé: "Cela représente une belle carte de visite qui nous permet de vendre d'autres services, notamment dans le secteur de l'événementiel d'entreprise", indique Maxime Van Gorp, directeur des ventes et du marketing de cette PME qui emploie une dizaine de personnes.

Mais il y en a aussi de nouvelles, comme la société de traduction Telelingua, qui n'avait jamais travaillé pour les organisateurs de la Coupe du monde. La société, uccloise, qui emploie 200 personnes et réalise 30 millions de chiffre d'affaires, traduira des communiqués et sites web en quinze langues pour les sponsors de l'événement ainsi que pour des équipementiers et fournisseurs, comme le Belge GrassMaster. "Le sport représente un tiers de nos revenus, souligne Luc Van Haute, vice-président en charge du business development; nous avions déjà travaillé pour les Jeux Olympiques mais pas encore pour la Coupe du monde, il est clair que faire partie du SETC nous a ouvert des portes en Russie."

Étrangement, par contre, certains grands groupes belges, bien qu'implantés en Russie, n'ont pas décroché la timbale. On songe à Barco et ses écrans géants. "Il semble que les organisateurs aient opté pour des écrans chinois moins chers et de moins bonne qualité", indique Diego Algaba, directeur du Sports & Entertainment Technology Club.

Si, au Brésil, les entreprises avaient décroché pour cent millions d'euros de contrats, difficile de savoir ce qu'il en sera cette année. La Fifa est devenue très pointilleuse sur la question. Le chiffre d'affaires engrangé par EVS autour de l'événement devrait tourner entre 6 et 7 millions d'euros, en ligne avec ce qu'elle avait réalisé au Brésil. Chez WNM, les revenus escomptés devraient représenter un tiers du chiffre d'affaires annuel de l'entreprise. Hors EVS, Agoria estime que le business engrangé par les sociétés belges s'élèvera à 15 à 20 millions d'euros.

Processus de longue haleine

Au total, c'est donc bien moins qu'au Brésil. Diego Algaba estime néanmoins qu'avoir pu réunir onze entreprises est une belle réussite, "car c'est un marché difficile et lointain, où il est nécessaire d'avoir des contacts sur place, un réseau, des références. En outre, la situation géopolitque ne facilite pas les choses, ce qui peut freiner certaines entreprises."

Pour y arriver, Agoria a travaillé selon un canevas traditionnel. "Nous avons contacté le comité organisateur pour nous présenter, puis nous avons été sur place, il y a quatre ans, à Moscou et à Saint-Petersbourg, avec le soutien des agences à l'exportation et le support du Fédéral, détaille le directeur du SETC. Un an après, nous avons invité à Bruxelles des représentants du comité organisateur. Puis, les sociétés ont fait elles-mêmes les démarches. Enfin, l'an dernier, nous sommes retournés sur place pour visiter les stades, voir l'évolution des travaux et organiser des B-to-B entre les membres du club et les organisateurs. Cela a permis de conclure encore des derniers contrats comme pour GrassMaster."

Pour Diego Algaba, le fait que le Sports & Entertainment Technology Club ait été initié par Jacques Rogge, ex-président du Comité international olympique, est une fameuse carte de visite: "Ce club reste assez unique dans le monde, assure-t-il; les Anglais et les Néerlandais essaient de nous imiter mais nous avons été les premiers à travailler de la sorte, collégialement."

Jeux Olympiques d'été de Tokyo en 2020, Euro de foot la même année, Coupe du monde au Qatar en 2022: l'avenir s'annonce prometteur. Les chiffres devraient grimper, ne serait-ce que parce que le seul Besix construit ou rénove deux stades au Qatar. Le Sports & Entertainment Technology Club envisage dès lors de créer un centre technologique "en miniature" au centre d'entraînement des Diables Rouges à Tubize. Car faute de grand stade moderne en Belgique, Agoria a besoin d'une vitrine pour mieux faire connaître le savoir-faire de ses membres.

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