Politico se renforce en Europe via une acquisition

Le média des cénacles politiques européens a récemment mis la main sur Statehill, plateforme spécialisée dans l'intelligence régulatoire. L'idée? Mettre sur pied un outil attractif à tout qui doit suivre les avancées législatives sur le Vieux Continent.

Nouvelle étape dans la conquête de l'Europe de Politico. Le média américain, arrivé à Bruxelles en 2015, a récemment mis la main sur la plateforme d'intelligence régulatoire Statehill, a-t-on appris à bonne source. L'idée? S'accaparer la technologie développée par ses fondateurs, Karl Bjelland et Karl Roos, qui ont rejoint l'équipe du média à cette occasion.

Une stratégie qui porte d'ores et déjà ses fruits puisqu'il nous revient que Politico doit annoncer mardi, fort de l'expertise nouvellement acquise, le lancement de "Pro Intelligence", un outil qui entend permettre aux utilisateurs de "bien cerner les profils des législateurs (afin d'anticiper leurs positions à venir, NDLR), mais aussi les procédures en elles-mêmes" au niveau européen, explique Shéhérazade Semsar-de Boisséson, managing director de Politico Europe, interrogée sur le pourquoi de ce développement.

Concrètement, à l'aide de la nouvelle plateforme à voir le jour, une entreprise pourra suivre pas à pas un amendement ou un projet de loi à l'Europe, de même que les avancées locales d'une législation qui doit être avalisée par un parlement national (comme pour la France ou l'Allemagne, deux pays sur lesquels le média travaille), voire déterminer combien de fois elle a été citée dans un dossier ou encore quelle thématique touche plus quelle région de l'Union. Et ce, sans compter une vue détaillée des profils des parties prenantes dans un dossier. Bref, une opportunité d'offrir à tout un chacun "un moyen de comprendre pourquoi la législation a changé, et ce, de manière synthétique, globale et nouvelle", résume la patronne.

En ligne avec son modèle

Du reste, cette acquisition doit aussi amener Politico à rencontrer ses objectifs en Europe, évoqués en août dernier dans L'Echo déjà. D'ici 2019, le média entend tirer la majeure partie de ses revenus de son service d'information professionnelle, "Politico Pro", contre un tiers encore en 2017 - le reste est issu de la publicité et des événements. "Nous sommes dans les clous pour atteindre cet objectif, souligne Shéhérazade Semsar-de Boisséson. D'ailleurs, nous devrions même atteindre 60% dans les 18 mois."

Côté financier, les pertes des débuts ont été réduites peu à peu, même si cette acquisition devrait jouer sur les résultats de l'année, nous dit-on, et le média table sur une croissance du chiffre d'affaires pour 2018.

Lancée en avril 2015, l'édition européenne est née d'une joint-venture entre Politico et Axel Springer.

Siège à Bruxelles. Bureaux à Paris, Londres, Varsovie, Berlin et Francfort. 110 ETP.

45.000 abonnés à son service d'information pro, pour 15.000 lecteurs de l'édition papier.

A racheté la start-up Statehill en vue de lancer sa propre plateforme.

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