Trois arguments en faveur d'une OPA de P&G sur Ontex

©Bloomberg

Reg Watson, analyste financier chez ING, estime que les rumeurs d'OPA de Procter & Gamble sur Ontex sont crédibles et qu'une telle opération ne manque pas de logique.

Mardi, l'action Ontex a réalisé un grand écart digne d'une danseuse étoile du ballet du Bolchoï. Après avoir touché un plus bas historique depuis son retour en Bourse, il y a 5 ans, à 12,15 euros (-8,2%), elle a résorbé toutes ces pertes pour bondir de 8,8% à 14,4 euros en milieu d'après-midi, soit un bond de 18,5% en une paire d'heures.

On le sait, c'est un article d'un média espagnol qui a mis le feu aux poudres en annonçant que le géant Procter & Gamble, fabricant des Pampers, préparait une offre sur le groupe belge spécialisé, lui, dans les langes produits blancs.

Dès la clôture des marchés, Ontex a diffusé un communiqué de presse dans lequel il précisait qu'il n'avait fait l'objet d'aucune approche dans le cadre d'une telle opération.

Ce mercredi matin, l'action refluait (-2,2%) sans toutefois retrouver le plancher touché hier.

Fin de l'histoire?

Le dossier est-il clos pour autant? Oui, si l'on en croit Alan Vandenberghe de KBC Securities ("conserver"; objectif de cours de 16,5 euros). "Nous n'avons pas jugé très crédible la rumeur de rachat par P&G. Après tout, il s'agit d'un groupe avec ses propres marques, tandis qu'Ontex est principalement focalisé sur les produits de marque distributeur."

Chez Kepler Cheuvreux ("acheter"; 22 euros), on est moins catégorique. "Dans le passé, Ontex a déjà été aux mains de spécialistes de private equity. Étant donné la faiblesse de son bilan qui limite sa croissance, le groupe ne serait probablement pas opposé à connaître, à nouveau, un actionnaire de ce genre."

On se souviendra qu'il y a tout juste un an, PAI Partners a proposé 27,5 euros par action Ontex avant de revoir ce prix à la baisse après examen des comptes, ce qui a provoqué une fin de non-recevoir dans le chef du conseil d'administration.

Crédible et logique

Reginald Watson d'ING, en revanche, estime que cette rumeur est crédible et qu'Ontex pourrait constituer une cible logique pour P&G.

Crédible car la source est fiable et que le nom de Goldman Sachs est cité. Si Ontex n'a pas été approché, c'est que, peut-être, P&G est toujours au stade de la préparation de son dossier, conjecture-t-il.

Pour le côté logique d'un tel rachat, il avance trois arguments.

1.

 P&G estime que ses volumes sont victimes des marques distributeurs en Europe.

Acquérir Ontex lui permettrait de mettre en place une stratégie à plusieurs volets. Le hic: les autorités anti-trust pourraient voir d'un mauvais oeil ce rachat dans la mesure où les entreprises combinées détiendraient entre 65 et 70% du marché du lange en Europe.

2.

En dehors du Vieux Continent, Ontex possède plusieurs marques de référence dans des pays émergents. Procter & Gamble pourrait accélérer sa croissance dans ces marchés en appliquant une stratégie multimarques se basant, à la fois, sur la référence internationale et sur les noms locaux.

3.

Enfin, le groupe belge croît rapidement aux Etats-Unis, le marché domestique de P&G. Ce dernier pourrait considérer comme une menace la résurgence des marques distributeurs aux USA. En Europe, la part de marché de celles-ci dépasse 50% alors qu'aux Etats-Unis elle est limitée à 20%.

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