Un ingénieur à grande vitesse

Jean-Michel Dancoisne, le nouveau patron de Thalys, est un pur produit de la SNCF.

lillois d'origine,

Succédant à Frank Bernard, rappelé par la SNCF après une petite année passée à la tête de l'exploitant commercial du train à grande vitesse, Dancoisne est, comme son prédécesseur, un pur produit des chemins de fer français.

Ingénieur de formation, ce quinquagénaire a rejoint la SNCF après un court passage au ministère de l'industrie. Sur le terrain, il y dirigera tour à tour des activités de fret ou de trafic voyageurs. De 1990 à 1995, c'est lui qui peaufine la stratégie voyageurs de l'opérateur ferroviaire français. Il participe au lancement d'Eurostar puis de Thalys. De là datent ses premiers contacts avec le Belge Leo Pardon, actuel président de Thalys International. Mais, avant de rejoindre Thalys, Dancoisne présidera encore aux destinées de la CNC, la filiale intermodale de la SNCF.

"J'arrive au bon moment pour préparer l'ouverture des nouvelles lignes vers le Nord et l'Est en 2007", estime-t-il. D'ici trois ans en effet, les extensions du réseau Thalys vers la Hollande et l'Allemagne seront opérationnelles. C'est l'occasion d'un nouveau défi pour la société qui jusqu'ici se limite à des activités commerciales, l'exploitation restant dans les mains des partenaires du consortium, SNCB, SNCF, DB et NS.

"En 2007, les protocoles d'accord entre les partenaires viennent à échéance. Ce sera l'occasion de les réécrire en donnant à Thalys une plus large autonomie de gestion. De toute manière, Thalys sera obligé de prétendre à un statut d'opérateur d'ici 2010", insiste ce passionné de vulcanologie.

Actuellement, les coûts d'exploitation du Thalys sont partagés entre les partenaires. "La séparation accrue des gestionnaires d'infrastructures et des exploitants ferroviaires risque d'alourdir les frais et de nuire à la tarification. Thalys avait réussi à imposer une politique de prix commune aux différents partenaires. La politique de redevance d'infrastructures risque de revenir sur cet avantage."

Celles-ci représentent actuellement le quart des charges de Thalys. "Mais cela montera à 40% compte tenu de l'amélioration de la productivité sur les nouvelles lignes à l'horizon 2007", note Dancoisne.

"L'Europe a peut-être loupé l'occasion d'harmoniser cette gestion dans le cadre de la libéralisation. Leur coût doit refléter la réalité économique du marché, sinon le risque est d'assister à une "eurotunnelisation" de l'ensemble de la grande vitesse en Europe", avertit-il encore.

A court terme, les priorités du patron de Thalys seront basées sur l'écoute du client. Sur le plan commercial, Thalys lancera un système de réservation en "last-minute" à tarif réduit. "Il faudra aussi prévoir des aménagements à bord. Depuis que l'on a installé des prises d'ordinateur dans les trains, les passagers ont les tablettes sur les genoux", fait-il remarquer. Un de ses premières réalisations a été d'améliorer la qualité du café servi à bord. C'est cela aussi l'écoute du client.

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