Une étape décisive pour Bone Therapeutics dans la fusion vertébrale

©Anthony Dehez

Sans doute une excellente nouvelle pour les investisseurs qui ont misé sur la société de thérapie cellulaire Bone Therapeutics: le produit candidat ALLOB, pierre angulaire de la stratégie de la biotech de Gosselies active en orthopédie, a obtenu de bons résultats en phase d'étude IIA chez des patients ayant subi une procédure de fusion vertébrale.

LE RESUME

Le produit candidat ALLOB, pierre angulaire de la stratégie de la biotech de Gosselies, a obtenu de bons résultats en phase d'étude IIA chez des patients ayant subi une procédure de fusion vertébrale.

Bone Therapeutics pourrait lancer deux phases III en 2020.

La fusion vertébrale est une intervention chirurgicale utilisée pour soulager la douleur et améliorer la capacité fonctionnelle des patients souffrant de pathologies dégénératives de la colonne vertébrale. Plus d'un million de ces opérations sont pratiquées chaque année aux États-Unis, en Europe et au Japon. Bien que considérée comme une intervention de routine, la fusion vertébrale comporte néanmoins des inconvénients chez 35% des patients: non-fusion des vertèbres, lenteur de la consolidation et maintien des douleurs. Ce sont ces besoins médicaux non satisfaits que vise le traitement allogénique ALLOB, qui consiste à injecter des cellules d'un donneur, qui vont contribuer à la régénération osseuse.

Des améliorations significatives

Pour faire simple, selon les résultats communiqués ce jeudi matin, le traitement de Bone induit des "améliorations significatives" tant au niveau radiologique que clinique. Les données radiologiques obtenues sur une période de 12 mois attestent de la réussite de la fusion des vertèbres lombaires chez 22 des 30 patients (73,3%), tandis que les 8 patients restants présentaient des signes de formation osseuse. Sur les 15 premiers patients ayant déjà atteint la période de suivi de 24 mois, 13 d'entre eux (86,7%) présentaient une fusion réussie.

"Nous avons atteint l'objectif primaire, se réjouit Thomas Lienard, le CEO de Bone Therapeutics. Il n'y avait pas d'objectifs en termes de pourcentage. L'objectif était d'avoir une différence significative, c'est-à-dire d'avoir un nombre significatif de patients qui avaient une fusion. Ce qui est le cas ici."

Par ailleurs, le traitement par ALLOB a induit une amélioration clinique évidente et statistiquement significative de la capacité fonctionnelle des patients. "Car il ne sert évidemment à rien d'avoir une fusion radiologique si le patient ne peut avoir une vie normale", précise Thomas Lienard. Ce gain fonctionnel peut être mesuré avec une échelle d'incapacité.

Selon ce critère, le traitement ALLOB a aussi débouché sur des bons résultats, tout comme il a donné satisfaction en termes de forte réduction de la douleur au niveau du dos et dans les jambes. Enfin, sur le plan de la sécurité, le traitement par ALLOB a été globalement bien toléré.

Une autre indication

Pour Bone, ces résultats confirment le potentiel de sa plateforme de thérapie cellulaire allogénique, qui a déjà enregistré des résultats positifs similaires dans une autre indication en phase IIA, à savoir les fractures avec retards de consolidation. "Dans cette dernière indication, nous sommes en bonne voie vers le dépôt, d'ici la fin de l'année, d'une demande d'autorisation d'essai clinique pour le démarrage d'un programme de phase II/III, avec probablement les premiers enrôlements de patients en 2020", fait encore valoir Thomas Lienard.

Il est également question, dans des délais plus ou moins semblables, d'une phase III pour le JTA-004, un traitement très différent des thérapies cellulaires en cours de développement au sein de la biotech wallonne. Il s'agit d'un viscosupplément qui vise à soulager les patients atteints d'arthrose symptomatique modérée du genou. Ce nouveau produit a déjà montré dans une précédente étude une réduction de la douleur supérieure au traitement standard.

Quant aux résultats montrés ce jeudi pour la fusion vertébrale, "ils vont être présentés aux autorités réglementaires, d'après Thomas Lienard. Nous évaluerons par la suite les prochaines étapes de développement clinique requises pour le développement d'ALLOB dans cette indication. C'est un processus qui prend du temps".

Oublié donc, l'abandon fin 2018 de l'essai clinique en phase III du produit autologue Preob, destiné à lutter contre l'ostéonécrose de la hanche. Un échec qui a fait souffrir le titre de la société en Bourse.

Une administratrice américaine

Mais tous ces prochains développements vont nécessiter des moyens financiers. Le CEO rappelle que Bone dispose d'une trésorerie lui permettant de tenir jusqu'à la fin de l'année. "On va donc devoir refinancer l'entreprise pour couvrir ces futures phases III", conclut Thomas Lienard, tout en précisant que le conseil d'administration avait enregistré mercredi le renfort d'une spécialiste américaine.

Passée par plusieurs sociétés biopharmaceutiques, dont Genzyme, Gloria Matthews siégera comme administratrice indépendante. Elle dispose de plus de 20 ans d'expérience dans la recherche clinique en orthopédie, arthrose ou réparation du cartilage, ainsi qu'une solide expertise dans le domaine des dispositifs médicaux et de la médecine régénérative.

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