Une innovation wallonne pour cultiver de la spiruline fraîche chez soi

Innovatech, l'organisation wallonne qui vise à stimuler l'innovation dans le tissu économique de la région, a annoncé les prix du public de la septième édition des innovations wallonnes. Deux sociétés ont gagné: Microspir et Medinbio.

Dans le contexte actuel de transition alimentaire, une spin-off de l'université de Liège, Microspir, a décidé de développer un photobioréacteur autonome de spiruline destiné aux particuliers. L'appareil baptisé Spirhome permet de cultiver et de récolter chaque jour de la spiruline fraîche à la maison.

La spiruline est une microalgue qui existe depuis plus de 3 milliards d'années. Elle était déjà consommée par les Aztèques et dans nos pays occidentaux depuis une vingtaine d'années pour ses qualités nutritionnelles exceptionnelles notamment chez les sportifs et les végétariens. Les ONG l'utilisent aussi beaucoup pour lutter contre la malnutrition. La spiruline est très riche en protéines (entre 60 et 70%).

Le hic, c'est que l'on ne la retrouve principalement que sous forme sèche dans les magasins. Or, ses vertus sont bien plus importantes si elle est consommée fraîche.

Plusieurs années de recherche ont été nécessaires à l'équipe Microspir, composée initialement de trois scientifiques (les docteurs Gersande Blanchard, Bruno Delille et François Darchambeau) et rejoint depuis par l'entrepreneur Robin Crunenberg, afin de déterminer les paramètres optimaux de croissance de cette micro-algue tropicale en conditions domestiques. L'équipe a déposé un brevet en juillet dernier concernant le photobioréacteur. Aujourd'hui, Microspir dispose de prototypes fonctionnels mais travaille sur l'industrialisation et l'ergonomie afin de proposer un produit soigné à la vente dès la mi-2019. "Notre produit est un condensé d'innovation et de technologies reproduisant de manière autocontrôlée les conditions de vie optimale de la spiruline en termes de température, régime lumineux, pH, salinité, nutriments", expose Gersande Blanchard. "Cette performance est atteinte grâce à l'utilisation raisonnée de technologies de pointe (systèmes d'éclairage, de chauffage, de brassage) pilotées par un microordinateur. Celui-ci assure notamment le contrôle de l'intensité lumineuse en fonction de la concentration en microalgues dans la culture. La récolte et filtration permettent à l'utilisateur de consommer de la spiruline fraîche à la demande", précise Robin Crunenberg.

Croissance annuelle de 7%

Le marché mondial de la spiruline sèche représente 200 millions d'euros avec une croissance annuelle de 7%. C'est dire s'il y a des perspectives pour cette innovation wallonne.

Ces 10 dernières années, l'équipe d'une vingtaine de personnes d'Innovatech a accompagné 1.600 entreprises pour un peu plus de 1.800 projets d'innovation. "Au début de notre existence, notre rôle était de faire de l'évangélisation de l'innovation dans le tissu économique wallon et plus particulièrement dans les PME, aujourd'hui notre rôle a muté et nous essayons de faire en sorte que les entreprises innovent plus vite et mieux", intervient Laurent Lettelier, le directeur d'Innovatech. Vu le nombre de participants à cette septième édition, 58, cela semble être le cas.

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