VOCaLISE va rendre l'air wallon plus respirable

À l'Université de Namur, le Dr Tarek Barakat veut dépolluer la fumée de nos poêles à bois. La Région wallonne lui a alloué un ballon d'oxygène de 240.000 euros.

La toute dernière actualité du docteur en chimie Tarek Barakat (Université de Namur) n'a que quelques jours. En milieu de semaine dernière, à Bucarest, ses travaux ont été récompensés par le prix Marie Sklodowska-Curie Award 2019, décerné par la Commission européenne. C'est dans la catégorie Innovation and Entrepreneurship que l'Europe distingue ce chercheur.

Le Dr Barakat est un chimiste d'origine libanaise. Il est arrivé en Belgique en 2014 dans le cadre du programme wallon Beware. Cofinancé par l'Union européenne, celui-ci visait à attirer des "têtes bien faites", histoire de booster son potentiel de recherches académiques et appliquées.

Au terme de ce programme, Tarek Barakat a non seulement brillamment rempli sa mission scientifique à l'UNamur, mais de surcroît, il est en train d'y transformer ses bons résultats en une application utile à l'industrie. Le scientifique a élaboré ces dernières années une solution permettant de dépolluer les fumées des poêles à bois. Des travaux menés à l'UNamur en collaboration avec l'entreprise wallonne Stûv, basée à Bois-de-Villers. Stûv fabrique précisément de telles solutions de chauffage (bois et pellets notamment). "L'idée générale est de débarrasser au maximum les fumées de ces poêles de leurs composés organiques volatils, qui sont des polluants, explique le chercheur. C'est ce que nous avons réussi à mettre au point, en transformant ces polluants en composés nettement moins toxiques."

De quoi envisager la création d'une spin-off? La réponse est positive. Et elle a déjà un nom: VOCaLISE. Depuis décembre 2018, le chercheur bénéficie en effet du financement d'un projet First Spin Off (FSO) de la Région wallonne. Ce programme vise à soutenir la création d'entreprises spin-off et la formation des chercheurs à l'esprit d'entreprise.

Le Dr Barakat s'est vu allouer un budget global de 240.000 euros sur deux ans. De quoi financer ses travaux de recherche complémentaires à l'UNamur, au sein du laboratoire de chimie des matériaux inorganiques. "Ce budget doit aussi lui permettre de faire la preuve, dans un an et demi, de la validité technique de son innovation ainsi que du volet économique de la spin off qu'il envisage de créer, business model et plan financier compris", indique-t-on à la direction générale Économie, Emploi, Recherche du Service public de Wallonie. En cas de succès, une somme complémentaire de même ampleur pourrait alors lui être allouée au cours de la 3e année du projet afin de mettre la spin-off sur pied et de développer le volet économique de sa société.

Tarek Barakat est confiant. "Le prix que je viens de recevoir à Bucarest est une nouvelle reconnaissance du bien-fondé de ma démarche", assure-t-il. Par ailleurs, il sait qu'il peut compter sur le soutien de la société Stûv et de l'UNamur pour réussir son nouveau pari. "Les résultats de mes travaux, acquis durant le contrat Beware, font l'objet d'un brevet depuis l'an dernier. Et les deux partenaires qui en détiennent la propriété intellectuelle se sont engagés à les mettre à la disposition de la future spin-off." Le Dr Tarek Barakat est confiant. D'ici peu, la qualité de l'air en Wallonie devrait également en profiter.

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