Le plan de relance belge plus modeste que la moyenne européenne

Selon une comparaison du think-tank Bruegel, l'Allemagne (1,4%) et l'Autriche (1,3%) sont les pays qui dépenseront le plus pour relancer l'économie, devant l'Espagne (1,1%) et le Royaume-Uni (1,0%).

(belga) - Les mesures de relance préparées par le gouvernement belge sont plus modestes que la moyenne européenne, selon une comparaison récente réalisée par le think-tank Bruegel. Avec un stimulus fiscal de 0,35% du PIB, la Belgique dépensera substantiellement moins que les autres pays, dont le stimulus est projeté à 0,8%.

Les économistes David Saha et Jakob von Weizsäcker, qui ont compilé les chiffres gouvernementaux pour Bruegel, ont étudié les plans de relance des 13 économies les plus importantes de l'UE.

En ne considérant que les mesures fiscales, les Etats membres devraient dépenser en 2009 environ 0,8% de leur PIB pour la relance, soit, en projection pour les 27, un montant de 106 milliards, nettement inférieur aux 170 milliards (1,2% du PIB) annoncés par les chefs d'Etat et de gouvernement au sommet de décembre dernier.

La Belgique devrait dépenser pour sa part 1,24 milliards, soit 0,35% du PIB, selon les deux économistes, qui incluent dans leur calcul la baisse de la TVA sur la construction, la hausse des allocations sociales, les chèques-énergie, l'accélération des investissements publics, la réduction des cotisations à l'AFSCA et diverses mesures environnementales.

Parmi les 13 pays considérés, l'Allemagne (1,4%) et l'Autriche (1,3%) sont les pays qui dépenseront le plus pour relancer l'économie, devant l'Espagne (1,1%) et le Royaume-Uni (1,0%).

Les auteurs de l'étude ont établi une seconde comparaison, qui prend en considération les crédits et garanties octroyés par les pouvoirs publics, dont le coût budgétaire réel est inférieur aux montants nominaux. Ces crédits représentent environ 2,0% du PIB, soit plus de 263 milliards en projection pour les 27.

Ici aussi, les mesures belges sont plus modestes que la moyenne, puisqu'elles atteignent 0,6% du PIB (2,13 milliards). La ligne de crédit Initio et l'échelonnement dans le temps de taxes et du remboursement des factures entrent principalement en ligne de compte.

Si l'on additionne pour toute l'UE les cadeaux fiscaux et les crédits, "l'objectif de 1,2% du PIB décidé par le Conseil européen sera aisément atteint d'ici la fin de 2009", selon l'étude de Bruegel.

Toutefois, "déclarer victoire simplement en ajoutant de nouvelles provisions de crédit au stimulus fiscal direct est douteux du point de vue économique", ajoutent les auteurs, avant de conclure que l'impact final sur la demande "pourrait bien être plus limité que ce que suggèrent les chiffres annoncés".

Les conclusions de Bruegel diffèrent assez nettement de celles de la Commission européenne. Celle-ci calcule que le montant total des mesures de relance atteindra "au moins 3,3% du PIB".

Les discussions sur le volet proprement communautaire du plan de relance, qui doivent être conclues ce vendredi au sommet européen, n'auront qu'un impact marginal sur le décompte. Avec une enveloppe de 5 milliards sur deux ou trois ans, ce plan ne pèse en effet pas lourd dans la balance, au regard des montants considérés.

L'étude de Bruegel est disponible (en anglais) sur le site du think-tank, en cliquant ici.

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