Eerdekens se calme sans se calmer, Ecolo attend une clarification du PS

Elio Di Rupo juge excessifs les propos du député bourgmestre d'Andenne, qui annonce une trêve avec les Ecolos après en avoir remis une couche.

(Belga) - Quelques jours après avoir traité le ministre wallon Philippe Henry (Ecolo) de "nul parmi les nuls", le député wallon et bourgmestre d'Andenne, Claude Eerdekens (PS), a critiqué à nouveau la formation écologiste, qualifiée de "parti stalinien à l'organisation militaire et despotique" dans les pages de Vers l'Avenir.
"De manière consciente ou non, Henry est un soldat qui applique l'écologie radicale. S'il continue ainsi, c'est la catastrophe annoncée pour l'économie wallonne. Dans ce cas-ci, il a été nul, même si je le tiens pour un homme intelligent. Vous savez, chez Marcourt, on désespère. Je crois que j'ai simplement dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas", a estimé Claude Eerdekens. Des propos qui ont été qualifiés d'"excessifs" par le président du Parti socialiste, Elio Di Rupo sur les ondes de BEL-RTL.

Le député-bourgmestre d'Andenne a toutefois indiqué dans les couloirs du parlement wallon qu'il comptait observer une trève avec les Ecolos. Il espère toutefois que ses propos auront été utiles et auront permis à la majorité d'être plus soudée qu'avant.
"J'ai décidé de faire une trêve. Je ne vais plus polémiquer sinon on n'en sortira plus. A un certain moment, il faut fumer le calumet de la paix mais l'exaspération que j'ai exprimée a peut-être permis d'avoir un esprit plus positif", a-t-il souligné.
 Eerdekens s'étonne des réactions courroucées d'Ecolo après ses déclarations. "Au PS, on se ramasse des coups de poing en permanence. Bernard Wesphael attaque Michel Daerden sans discontinuer mais, eux, personne n'a le droit de les critiquer. Dès qu'ils sont remis en cause, ça devient un crime de lèse-écolo", a-t-il ajouté.
Le député rappelle aussi le fondement de ses attaques contre le ministre de l'Aménagement du territoire, Philippe Henry. "Si la société veut être prospère, que l'on veut garantir à ses habitants des services sociaux, un environnement sains, etc., il faut de l'emploi et j'ai l'impression que pour certains, ce n'est pas la priorité des priorités. Je suis toujours dans la majorité, j'y reste et j'approuve à 99,9 pc la Déclaration de politique régionale mais on a quand même le droit de dire qu'on en a marre des blocages sur dans certains dossiers. Si ce que j'ai dit permet de faire progresser le schmilblic, tant mieux. J'ai l'impression que d'une certaine façon, cela a fait réfléchir et j'espère que la majorité sera plus soudée qu'avant et qu'elle ne sera plus bloquée sur de l'idéologie", a-t-il dit.


Chez Ecolo, on attend toutefois toujours une "clarification" du PS. Les propos du président Elio Di Rupo sur les ondes de Bel-RTL n'ont pas suffi au chef de groupe Bernard Wesphael. "Il y a dans le chef de M. Eeerdekens une volonté de déstabiliser l'action gouvernementale dans son ensemble. Le président du PS porte une lourde responsabilité s'il ne clarifie pas cette situation au plus vite. Soit M. Eeerdekens soutien l'action du gouvernement et est membre de la majorité parlementaire. Soit il ne l'est plus... et quand je vois ses propos, je pense que c'est le cas. Au PS d'arbitrer mais il est clair que l'absence de clarification me posera très vite un problème majeur. La déloyauté a ses limites. Je ne pense pas que ce soit une stratégie délibérée du PS mais il est temps de remettre le choses au point", a-t-il déclaré.
Selon lui, M. Eerdekens est sorti du cadre du débat parlementaire. "Qu'un député soit critique à l'égard de la majorité, ça ne me gêne pas. C'est aussi la richesse du débat mais ici, on est dans des propos de caniveau. Par ailleurs, les accusations contre Philippe Henry ne résistent pas à la vérité et c'est confirmé par l'ensemble des observateurs", a-t-il fait remarquer.


Les propos de Claude Eerdekens sont injurieux, ne sont fondés sur rien, mais sont extrêmement graves pour la Région. Ils créent un préjudice sur l'image de la Région et donnent un mauvais signal aux investisseurs, a commenté de son coté Philippe Henry. Mardi, en commission, le parlementaire socialiste pose pas moins de 31 questions au ministre. "Ses questions sont souvent déplacées, car elles ne concernent pas mes compétences, ont déjà été posées ou ne méritent pas de réponse comme quand il m'interroge sur la météo des prochains hivers... Il pose des questions sur chaque phrase de la DPR", a remarqué le ministre, qui a cependant apporté une réponse à toutes les questions, parfois en quelques mots, et quelquefois avec une pointe d'ironie.

L'inimitié entre Claude Eerdekens et les Ecolos n'est pas neuve.A la fin des années 90, Claude Eerdekens a été condamné pour des propos tenus à l'encontre de la conseillère Ecolo Pascale Toussaint. En 2008, les Verts andennais, excédés par le comportement et les propos tenus par le maïeur de la cité des ours, ont déposé plainte. Mais celle-ci a été classée sans suite.

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