Entreprises à forte croissance, levier de l'économie wallonne

L'Union Wallonne des Entreprises (UWE) veut faire des entreprises à forte croissance le levier de l'économie wallonne. Elle a présenté mardi des mesures visant à favoriser celles-ci, et notamment la simplification des mécanismes de réduction des coûts salariaux.

(Belga) L'UWE vise les entreprises dont la croissance annuelle est trois fois supérieure à la moyenne. Selon ses calculs, la Wallonie en compte 4.168, soit 6 % du total des entreprises. Elles fournissent pourtant 15 % de la valeur ajoutée totale des entreprises non financières et représentent 11 % de l'emploi de celles-ci. Elles semblent souffrir globalement des mêmes maux que les autres entreprises wallonnes. Elles sont peu situées dans les secteurs à fort potentiel de croissance et sont d'une taille trop petite: 14 personnes en moyenne. L'un des défis qui se présentent à la Wallonie est l'accélération accrue de la croissance de ses entreprises, même de celles qui sont dites à forte croissance, estime l'Union.

Parmi les freins à lever, elle épingle les coûts salariaux. Les mécanismes de réduction actuels de ceux-ci sont, à ses yeux, trop compliqués, entre autres parce qu'ils se concentrent systématiquement sur des groupes-cibles, par exemple les jeunes de moins de 26 ans, plutôt que sur des tranches salariales. Ils ne sont pas automatiques et limités dans le temps. Quant aux réductions proprement dites, elles sont calculées en montants absolus et non indexés et s'avèrent en définitive peu importantes: 4,5 % des rémunérations totales. L'UWE réclame donc des réductions automatiques, linéaires et significatives. Elles devraient représenter au moins 10 % des rémunérations, voire 15 à 20 % pour les bas salaires. Ce n'est qu'à ce prix, dit-elle, qu'elles favoriseront réellement l'emploi. L'Union plaide aussi pour des partenariats entre les unités de recherche et les entreprises afin de positionner celles-ci dans des secteurs en croissance. Elle dénonce une inflation réglementaire en matière environnementale ainsi qu'un développement des énergies renouvelables qui coûtent de plus en plus cher aux entreprises.

Autre cible du "patron des patrons wallons", l'administration. Des postes de direction sont vacants à la Région wallonne depuis de nombreuses années. L'UWE épingle le cas de la Direction Générale de l'Economie privée de directeur-général depuis 6 ans. Elle se plaint également de la concurrence déloyale que fait le secteur public aux entreprises, notamment le Forem ou les intercommunales qui parfois interviennent dans des secteurs traditionnellement réservés au privé (comme les bureaux d'étude) en jouissant d'avantages dont celui-ci ne dispose pas. La Wallonie ne peut se priver de mesures énergiques, rappelle enfin l'Union. Elle a beau avoir lancé il y a six ans son Contrat d'avenir, les chiffres demeurent mauvais: son PIB par habitant se situe à 85 % de la moyenne de l'Europe des 25 et à 77 % de la moyenne des 15. Quant à son taux de chômage, il s'élève à 19 % de la population active.

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