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Fortisgate: les chefs cab au rapport

©BELGA

Les quatre chefs de cabinet des vice-premiers ministres ont été, à leur tour, entendus, par la Commission séparation des pouvoirs. Les députés souhaitaient avoir un éclairage plus complet sur une réunion des directeurs de cabinet qui s'est tenue dans la matinée du 6 novembre.

Bruxelles (L'Echo) - Bruxelles (L'Echo) - Dans le courant de l'après-midi, les membres de la Commission parlementaire "séparation des pouvoirs"  ont décidé d'entendre les  chefs de cabinets des quatre vice-premiers ministres en poste au moment des faits.

Plus particulièrement, les députés souhaitaient avoir un éclairage plus complet sur une réunion des directeurs de cabinet qui s'est tenue dans la matinée du 6 novembre. Au cours de cette réunion, le chef de cabinet de Didier Reynders, Olivier Henin, a reçu un coup de fil.

L'objectif de ces auditions est de découvrir la teneur exacte de cet appel. En d'autres termes, il s'agit de savoir si Olivier Henin a été informé du contenu de l'avis du substitut du procureur du roi avant qu'il ne soit communiqué leur d'une audience du tribunal de Commerce de Bruxelles qui se tenait plus tard dans la journée.

Les versions de ce coup de fil :

  • Chef de cabinet de Jo Vandeurzen

" Lors de cette réunion qui a débuté vers 10hrs Olivier Henin a reçu un coup de fil. Il a quitté le local et est rentré assez énervé en parlant rapidement. Il était clairement inquiet. Je n'ai pas saisi les éléments concrets car il parlait vite et en français. J'ai compris que l'avis allait être négatif pour l'Etat. "

  • Chef de cabinet de Laurette Onkelinx

" Le chef de cabinet de Didier Reynders est sorti pour prendre un appel téléphonique. Il est revenu assez énervé. Il avait des indications comme quoi l'avis allait être probablement négatif pour la position de l'Etat dans le dossier Fortis. Il s'est tourné vers le chef de cabinet d'Yves Leterme en lui demandant s'il n'y avait pas moyen de vérifier cette information. "

  • Chef de cabinet de Patrick Dewael

"Je ne me souviens pas des propos exacts tenus par Olivier Henin. Il était inquiet sur l'avis qui allait être prononcé par le ministère public. Il a parlé au chef de cabinet d'Yves Leterme et de Jo Vandeurzen et ils sont sortis."

  • Chef de cabinet de Joëlle Milquet

"Olivier Henin a reçu un coup de téléphone et est revenu très énervé et surtout très inquiet. Il a dit qu'il avait des indications et qu'il craignait que l'avis ne soit pas favorable à l'Etat. Ils nous a demandé si nous nous rendions compte de l'impact d'un avis négatif. Le point n'a plus été évoqué lors de cette réunion."

Demain, les parlementaires écouteront Eric de Formanoir, magistrat chef de cabinet adjoint de l'ancien ministre de la Justice, Jo Vandeurzen ainsi que Christian Van Buggenhout, avocat de l'Etat. L'audition de ce dernier se fera à huis clos.

Mardi, en début d'après-midi, ce fut au tour la vice-première Joëlle Milquet de s'exprimer au cours d'une intervention qui a duré une bonne demi-heure.  Comme Laurette Onkelinx avant elle, la vice-première cdH a affirmé que la problématique de la procédure n'a jamais été abordée en conseil des ministres ou en kern.

Elle est revenue sur une réunion des chefs de cabinet qui se tenait le 6 novembre, juste avant l'avis émis en première instance par le substitut du procureur du roi. Au cours de cette réunion, Olivier Henin, le chef de cabinet Didier Reynders, a reçu un coup de téléphone à l'issue duquel il a fait part de son inquiétude sur la future décision de justice.

Selon Yves Leterme, entendu hier, la teneur de l'avis était connue avant l'audience, ce que nie Didier Reynders. La version de Joëlle Milquet : " Ma chef de cabinet de l'époque a eu le sentiment qu'Olivier Henin  savait que l'avis (du substitut, Ndlr) était négatif mais elle n'en a pas de preuve formelle. "

Concernant la procédure en niveau d'appel, Joëlle Milquet a affirmé qu'elle n'était " absolument pas au courant" qu'un arrêt devait être rendu le 12 décembre. "J'ai appris la teneur de l'arrêt vers minuit en rentrant d'un spectacle par un sms d'Yves Leterme convoquant un kern pour le lendemain. Je suis tombée des nuées" a-t-elle déclaré. Elle a trouvé " profondément étonnant" la façon dont l'arrêt a été rendu."

 

Stéphane Wuille
stephane.wuille@lecho.be

 

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