La Belgique menacée par une pénurie d'acier

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La Belgique se dirige vers une pénurie d’acier d’ici quelques mois, estime Patrick Van den Bossche, directeur d’Agoria Métaux et Matériaux.A première vue, quelques sidérurgistes ont annoncé un report de commandes d’acier aux mois d’avril et de mai. Les premières négociations entres les grands sidérurgistes asiatiques et les principaux groupes miniers ont, en tout état de cause, débouché sur une augmentation de 65% du prix du minerai de fer.

Bruxelles(L'Echo) - Dans la foulée de la sensible augmentation des prix du minerai de fer, la nouvelle de la hausse des prix des aciers plats annoncée par le numéro un mondial de l'acier, ArcelorMittal, n'est pas une vraie surprise. Pour justifier cette deuxième hausse en moins de trois semaines, le géant de la sidérurgie s'appuye sur la hausse des prix des matières premières et de l'énergie.

L'ENVOL DU MINERAI DE FER

Globalement, le prix de la tonne de minerai de fer se négocie sur base annuelle entre les grands groupes miniers et les principaux acteurs de la sidérurgie. En début de semaine, les trois principaux fabricants d'acier d'Asie, les Japonais Nippon Steel et JFE Holdings et le Sud-coréen Posco ont accepté une hausse de 65% du minerai de fer imposée par le groupe minier brésilien Vale. Dans la foulée, le groupe sidérurgique italien Ilva faisait savoir qu'il se rangeait derrière les asiatiques et acceptait la même hausse. Cette augmentation est la plus forte hausse annuelle depuis celle de 71% en 2005. Elle marque en tout cas la sixième année consécutive d'augmentation alors que la demande de minerai de fer est en augmentation constante à cause de l'explosion de la demande d'acier des pays émergents.

Le 5 février dernier, ArcelorMittal annonçait une augmentation de 12 à 15% des prix de ses aciers plats au carbone en Europe à partir du 1er avril 2008, tout en précisant que d'autres augmentations pourraient intervenir en fonction des résultats des négociations en cours sur le minerai de fer entre les groupes miniers et les sidérurgistes. Arcelor va donc augmenter une nouvelle fois de 40 euros la tonne ses aciers plats, ce qui porte ses prix de base minimaux à 600 euros la tonne pour les bobines à chaud et à 680 euros pour les bobines à froid et les produits revêtus.

Les fabricants d'acier asiatiques sont généralement les premiers à conclure leurs négociations annuelles avec les mineurs de fer. Le prix issu de cette négociation a de fortes chances de s'appliquer par la suite aux autres groupes sidérurgiques mondiaux, comme tend d'ailleurs à le prouver cette nouvelle augmentation annoncée par le numéro un mondial de l'acier .

CROISSANCE CHINOISE

Les pays émergents en général et la Chine en particulier ne sont pas étrangers à l'explosion actuelle de la demande en acier. En 2007, la Chine a assuré environ un tiers de la production mondiale d'acier et la demande ne semble pas disposé à faiblir. Cependant, ces dernières années, les principaux groupes miniers ont surtout cherché à se renforcer et à assurer leur croissance externe, parfois au détriment de leurs propres capacités de production. D'après Patrick Van den Bossche, directeur d'Agoria Métaux et Matériaux, les réserves disponibles sont suffisantes mais la question de leur disponibilité et de leur accessibilité va se poser. Des projets d'investissements sont actuellement dans le pipe-line, mais il faudra encore du temps avant de les voir faire refluer les prix. L'enjeu est d'assurer une offre suffisante pour satisfaire la demande mondiale qui croît annuellement de 6%. Cependant, des signes précurseurs d'une augmentation de l'offre commencent à se faire sentir. Rio Tinto a dépensé 1,4 milliard de dollars en 2007 pour quasi-doubler les capacités de son terminal de Dampier, en Australie, ce qui se traduit par une hausse de 3 à 4% de l'offre mondiale. Ce mois-ci, BHP Billiton a déboursé 930 milions de dollars pour accélérer ses projets de nouvelles capacités.r

Nicolas Keszei

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