La fiscalité freine la croissance belge, selon l'OCDE

Didier Reynders, ministre des Finances (Photo EPA). ©EPA

Dans le rapport qu'elle consacre à la Belgique, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) s'en prend au régime fiscal belge. L'impôt sur le travail et les sociétés ainsi que la fiscalité relative aux emprunts hyprothécaires constituent des freins à la croissance en Belgique estime-t-elle.

Bruxelles (L'Echo) - L'impôt sur le travail et les sociétés ainsi que la fiscalité relative aux emprunts hyprothécaires constituent des freins à la croissance en Belgique. C'est l'une des principales conclusions publiées dans le rapport que l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) consacre à la Belgique.

  • L'organisation estime que notre régime fiscal est trop tributaire d'impôts qui " ont un effet relativement pénalisant sur la croissance ". Elle épingle les impôts sur  le travail et sur les sociétés. Autre frein à la croissance : le régime fiscal favorisant les emprunts hypothécaires " ce qui nuit à une allocation optimale du capital et donc de la croissance. " Par contre, il existe des possibilités d'augmenter les impôts générant moins de distorsions, estime l'OCDE comme par exemple, les taxes sur la propriété immobilière et sur la consommation.

 

  • L'OCDE constate aussi qu'après quatre années de forte croissance, l'économie belge est entrée dans une profonde récession durant le second semestre 2008 sous l'impact de la crise internationale.  Elle met en garde sur la politique budgétaire : si elle reste inchangée, le ratio d'endettement continuera de croître, alourdissant ainsi le passif éventuel déjà élevé associé au vieillissement démographique. Il faut donc mettre en œuvre une stratégie à moyen terme crédible pour préserver la soutenabilité des dépenses publiques.

 

  • L'organisation recommande également de rééquilibrer les compétences en matière de recettes et de dépenses dans la fédération pour préserver la soutenabilité des dépenses publiques. Elle pointe le fait que jusqu'ici, les mécanismes du fédéralisme budgétaire ont fait que l'administration fédérale a enregistré une croissance des recettes plus lente que les autres niveaux d'administration.

 

  • Enfin, en ce qui concerne la concurrence, l'Organisation estime qu'elle est entravée dans la distribution de détail en raison d'une réglementation sectorielle très stricte. Pour les industries de réseau, l'OCDE se demande " si les autorités compétentes sont assez puissantes pour régler le problème central de la position dominante des opérateurs historiques, qui sont apparemment responsables du fait que les prix sont élevés en comparaison des autres pays. "

"Le principal défi à venir est de soutenir l'économie en laissant jouer les stabilisateurs automatiques tout en rétablissant la trajectoire vers la soutenabilité budgétaire et en engageant des réformes structurelles pour renforcer la croissance à long terme" conclut l'OCDE.

stephane.wuille@lecho.be

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