Publicité
Publicité

Le bonus pension ne fait pas recette

L’incitant, qui a été accordé à 44.000 personnes en Belgique entre janvier 2007 et octobre 2009, vise à prolonger les carrières. Mais, à ce stade, il est méconnu et peu décisif.

Bruxelles (L'Echo) - Près de 44 000 personnes ont bénéficié d’un bonus de pension entre janvier 2007 et octobre 2009. Cela a représenté une dépense totale de 52 millions d’euros pour l’État. Ce sont les chiffres cités par Michel Daerden, le ministre fédéral des Pensions, dans une réponse parlementaire.

L’objectif du bonus de pension est d’inciter les futurs pensionnés à prolonger leur carrière. Ce complément a été créé par le «Pacte des générations». C’est une mesure temporaire, valable pour les pensions prenant cours entre 2007 et 2012. Le bonus est accordé à ceux qui prolongent au-delà de 62 ans ou de 44 années de carrière. Le montant est de 2 euros (indexé à 2,1224 euros actuellement) par jour de travail supplémentaire.

Plusieurs pays voisins ont adopté des dispositifs analogues de bonus (parfois assortis de malus) pour retarder l’âge effectif de départ à la retraite. Chez nous aussi, le débat est sur la table alors que le vieillissement de la population met le financement des pensions à rude épreuve. La pérennisation et le renforcement du bonus de pension seront donc un des enjeux de la réforme attendue de notre système de retraite. Michel Daerden a souligné que ce type de bonus serait effectivement un bon instrument pour augmenter le taux d’emploi des «seniors».

Mais à ce stade, le bonus pension ne convainc qu’à moitié. Il ne concernerait qu’environ un pensionné sur cinq chez les hommes et une sur dix chez les femmes. Cette différence s’explique essentiellement par les carrières généralement moins longues des femmes. Elles rentrent donc moins facilement dans les conditions d’octroi.

D’après le « livre vert » des pensions, les bénéficiaires du bonus seraient proportionnellement plus importants dans les tranches de pension les plus élevées. Or, s’agissant d’un montant forfaitaire, l’effet incitatif est logiquement plus notable pour les pensions les plus basses, ce qui concerne en particulier les femmes.

Selon une enquête menée par l’Office national des pensions, seul un travailleur salarié sur cinq connaît l’existence du bonus. Un anonymat relatif qui s’explique peut-être par le côté temporaire de la mesure.

Surtout, son impact est limité: moins d’un pensionné sur cinq déclare que le bonus pension a influencé sa décision sur le moment de quitter le marché du travail. D’autres, en l’absence de ce bonus, auraient de toute façon poursuivi leur carrière. Enfin, parmi ceux qui ne le connaissent pas, seul un pensionné sur dix aurait travaillé plus longtemps s’il avait connu l’existence du bonus.

Secteur public

Dans les services publics, un système différent existe depuis 2001. Il s’agit d’un complément pour les fonctionnaires travaillant au-delà de 60 ans, qui peut atteindre jusqu’à 9% de la pension nominale si la personne travaille jusqu’à 65 ans.

Mais ici aussi, l’efficacité ne semble pas au rendez-vous: l’âge moyen de départ à la retraite était de 61,09 ans en 2001. Il est... descendu à 60,84 ans en 2008. Conclusion: l’aspect financier n’est qu’un élément parmi d’autres dans le timing du départ à la retraite.

Alain Narinx

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés