Le déficit belge frôle les 20 milliards en 2009

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La Belgique devrait afficher un déficit de 5,89% du PIB, soit pratiquement vingt milliards d'euros, sur l'exercice 2009, selon les données transmises par l'administration au gouvernement.Celui-ci étudie actuellement ces chiffres et devrait les officialiser d'ici la fin de la semaine.

Bruxelles - (L'Echo). La Belgique devrait afficher un déficit de 5,89% du PIB, soit pratiquement vingt milliards d'euros, sur l'exercice 2009, selon les données transmises par l'administration au gouvernement. Celui-ci étudie actuellement ces chiffres et devrait les officialiser d'ici la fin de la semaine.

Il s'agit du déficit, le plus imposant depuis... 1993 (-7,7%). La Belgique avait ensuite connu une amélioration incessante de son solde budgétaire, pour revenir à un boni de 0,4% du PIB en 2001. Ce fut ensuite une succession de légers déficits, à l'exception d'un boni de 0,3% en 2006.

En période de croissance, les recettes fiscales augmentent généralement plus vite que le PIB.  Cette surréaction s'avère hélas beaucoup plus forte à la baisse, avec une chute des recettes trois fois plus lourde que celle du PIB. Cela aggrave le problème du financement de l'État fédéral: les dotations à la sécurité sociale et aux entités fédérées (qui engloutissaient déjà 57% des ressources en 2008) évoluent en effet avec le PIB et l'inflation bien plus qu'avec le rendement de l'impôt.

 

Revenir à l'équilibre en 2015

La répartition du déficit. L'essentiel du déficit provient de l'État fédéral: il affiche un trou de 4,3% du PIB, quand la sécurité sociale et les entités fédérées sont toutes deux à -0,8%. Cet élément sera à coup sûr sur la table des discussions, en vue de répartir les efforts d'assainissement des finances publics, qui doivent aboutir d'ici la fin du mois.
Pour les deux prochaines années, l'État fédéral assumera 65% de l'effort d'assainissement, selon une clé basée sur le volume des dépenses de chaque entité. Pour la suite, la Région wallonne préférerait une clé 78-22, basée sur les possibilités fiscales de chacun.

La résorption du déficit. Le déficit 2009 correspond aux prévisions établies lors de l'élaboration du budget 2010 et reprises dans le programme de stabilité. Les bases demeurent donc correctes à défaut d'être réjouissantes. L'objectif est de démarrer l'ajustement en douceur pour ne pas étouffer la reprise (effort de 1,5% sur 2010-2011) et d'intensifier ensuite (1,3%/an) pour ramener le déficit sous les 3% en 2013 (la Commission préconise plutôt 2012) et revenir à l'équilibre en 2015.
En 2010, la croissance devrait être légèrement meilleure que l'estimation retenue en octobre lors de la confection du budget (1% au lieu de 0,4%). Cela devrait donner une petite marge de manœuvre, à affecter en priorité à l'assainissement et au désendettement (on devrait franchir les 100% du PIB en 2010).

C.D.C.

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