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Les libraires défendent leur steak

Alors qu'on savait déjà que des libraires avaient décidé de saisir la justice pour contester l'augmentation des tarifs, appliqués depuis le début de l'année par les AMP, la ministre en charge des PME, Sabine Laruelle, a saisi l'auditorat du Conseil de la concurrence sur un éventuel abus de position dominante de la part des AMP.

Bruxelles (L'Echo) - La situation des diffuseurs de presse est, on le sait, difficile. Victimes de la concurrence de la grande distribution et de l'érosion des ventes de journaux, ils voient aussi avec angoisse l'arrivée prochaine de la Loterie Nationale sur l'internet tandis qu'ils ont à nouveau maille à partir avec les AMP qui assurent 80% de la distribution de la presse en Belgique. «En janvier, elles ont décidé unilatéralement de doubler les frais de port qu'elles nous facturent; ceux-ci sont passés de 103 à 219 euros par mois, soit une hausse de 116%», déplore Walter Agosti, président de Prodipresse, la fédération francophone des libraires.

«Fin 2008, nous avons informé trois fois les libraires de notre intention d'augmenter les tarifs des frais de port, répond Jean-Claude Guillemeau, directeur de la communication des AMP ; nous ne faisons que répercuter les augmentations de prix des transporteurs. Nous ne gagnons rien sur ces frais de port, nous souhaitons juste ne pas perdre de l'argent sur cette opération.»

Ces explications n'ont manifestement pas convaincu tous les libraires puisque 600 d'entre eux (sur 5.800 points de vente) ont saisi la justice. L'affaire sera plaidée en mai. En attendant la décision du tribunal, les AMP ont décidé de ne pas appliquer aux contestataires l'augmentation tarifaire initialement prévue.

De son côté, la ministre en charge des PME, Sabine Laruelle, a saisi l'Auditorat du Conseil de la concurrence sur un éventuel abus de position dominante des AMP. L'affaire est actuellement à l'instruction.

Quant au dossier «loterie en ligne», les libraires ont rencontré les cabinets Laruelle et Reynders (ministre des Finances, qui a la tutelle sur la Loterie) afin d'organiser une table ronde sur l'avenir du secteur suite à ce passage au numérique. Elle devrait avoir lieu après les élections de juin. Or, le temps presse puisque la Loterie espère lancer son offre en ligne dans la 2ème partie du mois de septembre. «Nous allons donner un certain nombre de garanties aux libraires, assure Anne Publie, porte-parole de la Loterie ; ils garderont le monopole sur les cagnottes et, pendant un an, celui sur les billets à gratter; nous planchons également sur un nouveau produit dont ils auraient là aussi l'exclusivité.»

De leur côté, les libraires s'apprêtent également à faire des propositions : «Nous planchons nous aussi sur un nouveau jeu que nous allons proposer à la Loterie, il s'agirait d'un jeu permettent de gagner des bons de valeur qui seraient affectés à l'achat de journaux ou de magazines. Cela nous permettrait de relancer les ventes de la presse.» Les libraires ont en effet tout intérêt à se mobiliser autour du sort de la presse. Elle leur permet de toucher des marges (25%) largement supérieures aux 6% perçus sur la vente de produits de la Loterie...

J.-F. S.

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