Les salaires des patrons ont augmenté de 22% en 2006

C'est en toute transparence que la lecture des rapports annuels apprend que le salaire moyen des patrons s'établit à 2,3 millions d'euros en moyenne en 2006, en progression de 22,1% sur un an, selon les calculs effectués par nos confrères du «Tijd».

(l'écho) Depuis l'introduction du Code Lippens qui instaure davantage de transparence dans la gestion des entreprises, les sociétés cotées en Belgique sont priées de publier dans le détail le salaire de leurs dirigeants. Dont acte, pour la plupart. C'est donc en toute transparence que la lecture des rapports annuels apprend que le salaire moyen des patrons s'établit à 2,3 millions d'euros en moyenne en 2006, en progression de 22,1% sur un an, selon les calculs effectués par nos confrères du «Tijd».

Pour rappel (lire «L'écho» du 12 avril dernier), c'est Albert Frère (GBL) qui remporte la palme cette année, avec un gain brut de plus de 5,5 millions EUR. Soit une progression de 176%! Le Brésilien d'InBev Carlos Britto vient ensuite avec quelque 3,9 millions EUR, alors que son prédécesseur John Brock devait gagner environ 3,3 millions.

Jean-Paul Votron (Fortis) n'a pas démérité non plus pour son conseil puisqu'il a vu sa rémunération augmenter de 23% à 3,38 millions EUR. Roch Doliveux (UCB) enregistre l'une des plus importantes progressions du Bel 20 avec 3,21 millions EUR (+76%). Le dernier du top 5, Gérard Mestrallet, patron de Suez, fait presque pâle figure puisque son salaire n'a augmenté que de 7,1% à 2,7 millions EUR. Juste devant Pierre-Olivier Bekers qui a engrangé 2,6 millions EUR en 2006, en progression de 18%.

A noter que deux nouveaux venus dans la cour des grands patrons gagnent moins que leurs prédécesseurs: Axel Miller (Dexia) est 61% en dessous de Pierre Richard alors que Christian Jourquin rend 0,5% à Aloïs Michielsen à la tête de Solvay.

Ces salaires comportent bien évidemment des parties fixes et variables. Il n'y a guère que pour Albert Frère et Didier Bellens (Belgacom) que le montant fixe dépasse la moitié de la rémunération brute. S'ajoutent encore à cela d'autres composantes comme des assurances pension, hospitalisation ou autre voiture de société. Plus rare: un avion d'entreprise pour Albert Frère, mais qui n'est pas réservé à son usage exclusif.

Les salaires belges ne sont pourtant pas exceptionnels. Avec moins d'un million de dollars (voir ci-dessus), le patron belge d'une entreprise au chiffre d'affaires de 500 millions USD se situe en milieu de classement international. Bien loin évidemment des normes américaines où ses homologues dépassent allègrement les 2 millions USD, mais pas tellement loin de ses collègues français, anglais, allemands ou italiens qui oscillent entre 1,1 et 1,2 million EUR.

Selon Marcel Rottiers, directeur du consultant en ressources humaines Towers Perrin, l'évolution des salaires en Belgique suit une courbe ascendante depuis une bonne dizaine d'années déjà même si la croissance s'est accélérée ces trois dernières années. Pour le spécialiste, c'est la part variable qui grandit le plus vite, mais avec un degré de risque également accru.

Reste que les différences entre top managers du Bel 20 et patrons d'une entreprise moyenne sont réelles. Du simple au triple, en général. Mais là aussi, les salaires commencent à s'égaliser d'une entreprise à l'autre.

Lo.F.

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