Simonet pense à interdire le voile à l'école

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La ministre cdH de l'enseignement obligatoire ne compte légiférer que pour les trois premières années du secondaire. Ensuite, la responsabilité de l'interdiction du port du voile retomberait sur les directeurs d'école. Le MR dénonce une "demi-mesure".

(belga) - La ministre de l'Enseignement obligatoire Marie-Dominique Simonet (cdH) compte proposer à ses collègues du gouvernement d'interdire le port du voile à l'école jusqu'en 3e année secondaire.

"J'exprime mon sentiment mais je précise que rien n'est décidé. Il faut trouver un équilibre entre l'interdiction totale... ou l'autorisation à tout va", a-t-elle précisé dans les quotidiens du goupe Sudpresse. Une note sera déposée au gouvernement et un groupe de travail va être mise sur pied afin d'entendre les acteurs.

La ministre souhaite légiférer pour la prochaine rentrée scolaire. Les directions conserveraient leur autonomie et ne seraient pas obligées d'autoriser le voile à partir de la 4e secondaire.

Cette proposition a immédiatement fait réagir le MR, dans l'opposition en Communauté française, dénonçant une "demi-mesure, à demi-valeur et demi-responsabilité".

"Il s'agit d'une demi-responsabilité car la proposition consiste à renvoyer la balle aux directions d'écoles à partir de la 4e secondaire, alors que directions et syndicats sont demandeurs d'une décision-cadre qui soit la même partout", a fustigé le député fédéral Denis Ducarme.

Le député MR souligne également qu'elle considère la femme à "demi-valeur". Précisant que "la protection des jeunes filles et l'égalité hommes femmes ne s'arrête pas à 15 ans", il juge l'idée de la ministre Simonet "insuffisante".

Daniel Bacquelaine, chef de groupe MR à la Chambre, s'est également étonné de cette proposition.

Il préside actuellement un groupe de travail sur l'interculturalité au sein du Mouvement réformateur. "Nous avons débattu largement de cette question et étions arrivés à la conclusion que l'école doit être un lieu de passage de valeurs dont l'égalité hommes femmes", a-t-il rappelé. "Il est curieux de vouloir promotionner ces valeurs durant les trois premières années du secondaire et de les abandonner ensuite". 

Le député souligne par ailleurs que la mesure serait impossible à mettre en place sans risquer de créer une discrimination. "Des enfants d'âges différents partagent des lieux communs comme le réfectoire ou la cour de récréation voire les mêmes classes, certains ayant redoublé", souligne-t-il.

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