Swift refuse de livrer les données bancaires d'Européens à Washington

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La société Swift refuse l'accès des Etats-Unis aux données bancaires des citoyens de l'Union européenne dans le cadre de la lutte antiterroriste, contrairement à un accord qui devait entrer en vigueur au 1er février, a indiqué un porte-parole.

(Belga) - "Nous n'appliquons pas l'accord", a déclaré au quotidien allemand Handelsblatt de mercredi un porte-parole de Swift, société basée à La Hulpe qui traite les flux financiers de plus de 8.000 banques dans le monde. "Tant que le parlement (européen) n'a pas avalisé l'accord, cela n'entre pas en vigueur", a-t-il dit, en précisant que le transfert des données vers les autorités américaines était interrompu depuis le 1er janvier. Swift exige une base juridique claire.

En novembre, les gouvernements de l'UE avaient surmonté leurs dernières réserves et décidé de permettre aux Etats-Unis de continuer à consulter les données bancaires des citoyens de l'UE. L'accord, ficelé par les ministres européens de l'Intérieur, devait durer neuf mois à compter du 1er février 2010.

Mais les députés européens ont vivement protesté qu'on ne leur avait pas demandé leur avis, à un jour près: l'accord a en effet été conclu la veille de l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, qui prévoit la co-décision du Parlement européen. Swift estime que l'approbation des députés européens est nécessaire pour clarifier la situation. Le président du Parlement européen, Jerzy Buzek, a indiqué le 21 janvier que le Parlement Européene allait demander la suspension de l'accord. Les députés veulent se prononcer sur ce texte lors d'un débat prévu le 10 février.

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