Trois questions à Phillipe Defeyt

Phillipe Defeyt est président de l'institut pour le développement durable

  • Non. Il est évident que la structure des dépenses de consommation joue un rôle crucial. A l’heure actuelle, ce sont surtout les produits de base, non finis, qui augmentent le plus. Ce sont précisément ces produits qui représentent un poids relatif plus important dans le budget des ménages à revenus modestes. Ces ménages, à juste titre, ont donc l’impression d’une plus grande cherté de la vie que les ménages plus aisés.


Consomme-t-on aujourd’hui comme on consommait hier?

  • Non. Il y a une différence entre perception et réalité qui tient en partie à notre mode de consommation. Il a évolué, ce dont on ne tient pas compte. Je ne veux pas remettre en cause les indices de prix actuels, qui ont un rôle symbolique et social fort, mais il faut admettre que certains bien considérés hier comme accessoires, ne le sont plus aujourd’hui. Je pense notamment à l’ordinateur, l’ADSL ou au GSM. Or, ce sont typiquement des dépenses auxquelles les ménages à plus faibles revenus ont moins facilement accès. Ils devraient être reconnus comme services universels, octroyés gratuitement, comme l’étaient les cabines téléphoniques au coin de la rue…

La redistribution des richesses, c’est le nœud du problème de la crise actuelle ?

  • Certainement en partie. De 1950 à 1985, l’augmentation des richesses créées en Belgique est allée de pair avec une augmentation des revenus, les plus faibles d’entre eux étant un peu plus favorisés que les plus élevés. La tendance s’est inversée ensuite : de 1985 jusqu’au début des années 2000, le salaire garanti a évolué moins vite que le salaire moyen. Certaines allocations sociales et pensions n’étaient plus liées au bien-être. De ce fait, la pauvreté moyenne a progressé. On tente de stopper l’hémorragie actuellement mais en attendant, il ne faut pas s’étonner que la baisse du pouvoir d’achat suscite autant d’inquiétudes.
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