Un nouveau centre de contrôle aérien pour Belgocontrol

©BELGA

Belgocontrol dispose d''un nouveau centre de contrôle aérien dénommé "Canac 2" qui lui donne les moyens de se hisser dans le peloton de tête des centres de contrôle européens.

Bruxelles (L'Echo) - L'entreprise publique autonome Belgocontrol chargée de la sécurité aérienne en Belgique et au Luxembourg a officiellement inauguré hier son nouveau centre Canac 2, opérationnel depuis le mois de novembre. Le premier centre Canac qui se charge du trafic en route en dessous de l'altitude de 8.000 mètres (au-delà, le trafic aérien est repris par Eurocontrol) datait de 1993.

Depuis, les technologies ont évolué, mais surtout, l'Europe a lancé une vaste refonte du trafic aérien continental pour 2012 sous l'appellation " Ciel unique " et le nouveau centre se veut donc à la pointe des besoins de demain.

Pour Jean-Claude Tintin, administrateur-délégué de Belgocontrol, " Canac 2 nous donne les moyens de nous hisser dans le peloton de tête des centres de contrôle européens. Ce qui permet à l'entreprise de se positionner comme un acteur majeur du futur bloc d'espace aérien fonctionnel du centre de l'Europe (FABEC), pilier essentiel du futur ciel unique européen. " FABEC  comprend la gestion de l'espace aérien du Benelux, de France, d'Allemagne et de Suisse.

L'investissement pour CANAC 2 a été de 60 millions d'euros (le prix d'un Boeing 737), lesquels seront récupérés par les redevances pendant plusieurs années. Toutefois, les compagnies devraient trouver d'autres économies par la navigation affinée que permettra Canac 2 qui offrira des routes plus directes, notamment en intégrant les espaces militaires. Cela dit, il serait temps que l'Etat se penche sérieusement sur le recouvrement de tous les services (gratuits aujourd'hui) que Belgocontrol dispense aux aéroports régionaux.

C'est du reste ce qu'ont revendiqué hier les syndicats qui craignent un " Sabena bis " à Belgocontrol : " Dans le passé, ces coûts (dans les aéroports régionaux) étaient compensés par les survols, mais ce n'est plus d'application depuis les nouveaux règlements européens. La société se trouve donc en faillite virtuelle ", ont-ils affirmé en menaçant des interruptions de travail d'ici deux semaines.

Un langage que tiennent du reste aussi les compagnies qui desservent Brussels Airport et qui acceptent mal de financer la gratuité de services octroyés à des compagnies comme Ryanair par exemple.
Aujourd'hui, Canac 2 est donc à la fois un centre de contrôle et un système de gestion du trafic aérien qui intègre les services des tours de contrôle des cinq aéroports publics belges. La salle d'opérations d'environ 1.000 m², présente une configuration en pétales (avec chacun quinze postes de travail), résultat d'études ergonomiques (menées par Symbio, une PME de Bassenge) qui permettent une plus grande efficacité de communication entre les contrôleurs.

Des filets de sécurité, basés sur les données radar et des plans de vol génèrent des alarmes sonores et visuelles lorsqu'ils détectent un risque de situation dangereuse comme le non-respect des distances de sécurité entre avions. En outre, tous les systèmes ont été dédoublés et placés dans deux salles informatiques distinctes, ce qui, en cas d'avarie, assure la continuité du service sans perte de capacité. Canac 2 a été élaboré en collaboration avec Thales, un des leaders mondiaux des systèmes de contrôle aérien et qui est par ailleurs un acteur important du programme Sesar, le volet technique du futur Ciel unique européen.
Les syndicats de Belgocontrol ont manifesté hier au centre Canac pour que le politique assure à l'entreprise les moyens financiers liés aux services gratuits dispensés aux aéroports régionaux.

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