Une brique dans le ventre... pèsera de plus en plus lourd

Le marché immobilier est difficile à cerner. La preuve en a une nouvelle fois été donnée dans le cadre de l'enquête réalisée les 11 et 12 avril par «L'Echo» et «Mon Argent» auprès d'un panel de 2.800 personnes. Alors que l'on pensait le marché à saturation, les 1.300 sondés ayant vendu un bien immobilier apportent un autre éclairage.

(l'écho) D'abord, il semblerait que le marché reste très actif, contrairement à ce que la baisse de l'activité et la stagnation des prix au 4e trimestre 2006 avaient laissé penser (1). Des chiffres de cette enquête, il ressort que les transactions ont eu tendance à s'accélérer ces trois derniers mois. Certes, les chiffres ne font pas état d'une explosion des transactions mais les «8%» ayant vendu il y a moins de trois mois dénotent tout de même des «5%» ayant vendu entre 3 mois et 6 mois. Le tableau ci-contre montre aussi que les biens ne restent pas longtemps en vente, autre signe d'un marché soutenu...

Offre en ligne de mire

Ensuite, l'enquête révèle que l'offre - autre facteur incontournable du marché - doive être scrutée avec attention. Explication. En Belgique, tout est fait pour soutenir la demande. La fiscalité hypothécaire est extrêmement avantageuse. La capacité d'emprunt des ménages ne cesse d'augmenter depuis des années, surtout parce que les taux restent faibles, que le pouvoir d'achat augmente et que l'allongement de la durée des crédits est une réalité. Pour beaucoup, c'est en raison de cette demande soutenue que les prix ont connu une véritable envolée ces dernières années. De fait. En 2006, comme en 2005 ou 2004, les prix ont à nouveau affiché une croissance à deux chiffres. En mars, les données divulguées par le SPF économie avaient laissé entendre que le cru 2006 serait à classer dans la colonne des années fastes. Les données traitées et analysées par Stadim pour notre Grand Guide Immobilier 2007 (lire l'encadré) le confirment: l'an dernier, le marché s'est à nouveau très bien comporté, même si le quatrième trimestre a été marqué par une stagnation des prix. Tant attendue par les ménages comme par certains experts qui estiment le marché suracheté, cette stabilisation ne sera pourtant peut-être pas pour 2007…

Prix en baisse: voeu pieux?

L'enquête montre en effet que les vendeurs qui détiennent encore au moins un bien immobilier à mettre sur le marché ne le feront pas sitôt. Sur les 1.180 personnes ayant encore de biens, seuls 14% ont l'intention d'en mettre un en venteendéans les 12 mois. Ce faible pourcentage n'augure a priori rien de bon pour ceux qui espéraient une stabilisation des prix en 2007. Si l'offre stagne ou pire, recule, et que la demande reste soutenue, il y a peu de chances de voir les prix baisser. Un constat qui demande naturellement confirmation à l'issue du premier semestre.

L'enquête à paraître demain dans le Grand Guide Immobilier 2007 , outre la prudence des vendeurs pour les prochains mois, met en évidence le manque d'esprit de négocation des vendeurs. De fait, plus 6 sondés sur 10 affichent le prix qu'ils ont en tête. Sans chercher à placer la barre plus haut.

Pourtant, la moitié ont obtenu ce qu'ils souhaitaient et près de 4 sur 10 ont obtenu moins! Pourquoi? Explication: les vendeurs ont tendance à surestimer leur bien immobilier...

François Mathieu

(1) Lire Mon Argent du 17 mars.

Photo Belga

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