Pour Fortis, le stand alone refait surface

©Lieven Van Assche

Stand alone ou « grande banque belge » pour Fortis ? Les projets sont à l'étude. BNP, prête à discuter du périmètre, veut rester en piste.

Bruxelles (L'Echo) - Alors que la prochaine assemblée générale de Fortis approche à grands pas, les hypothèses et autres stratégies se succèdent à un rythme effréné. Parmi celles-ci, plusieurs sources nous rapportent que l'une des dernières pistes encore étudiée à ce jour par le groupe de pilotage des pouvoirs publics serait celle du stand alone.

Si le montage technique et financier de l'opération reste encore à fixer, il semble bien que les autorités penchent sérieusement pour cette solution.

On parlerait soit du stand alone pur, une piste qui verrait Fortis Banque rester en Belgique, peut-être avec une large participation de l'État, soit d'un « stand alone à plusieurs », ou la piste, souvent évoquée par certains, de la « grande banque belge » regroupant Fortis, la partie belge de Dexia et Ethias.

Rêve ou réalité ? Difficile d'y voir clair à ce jour. En tout état de cause, une étude des analystes de Dresdner Kleinwort, publiée hier, tombe fort à propos pour étayer cette thèse du stand alone. A la question de savoir si Fortis peut survivre seul, la réponse de Dresdner est sans équivoque. « Very probable ».

Selon les analystes, Fortis Belgium pourrait tailler sa route seule si elle accepte de vendre les entités néerlandaises aux Pays-Bas et refuse de vendre la deuxième tranche de Fortis Banque et les assurances à BNP Paribas.

Au passage, il est précisé que Fortis devrait renforcer son management pour regagner la confiance des marchés. Concernant cette théorie, un proche du dossier observe que ce genre d'information pourrait être diffusée par le gouvernement pour exercer une pression sur les Français.

BNP pourrait négocier

De son côté, la banque française a réitéré son intérêt pour Fortis. Si BNP se montre intransigeant sur le prix de la transaction, fixé à 11 milliards d'euros dans le cadre du protocole d'accord signé avec l'État Belge, les Français seraient en revanche prêts à faire des concessions sur le périmètre de l'opération.

«Nous restons fermes sur le prix mais nous sommes ouverts à la discussion concernant le périmètre des actifs. Les activités d'assurance de Fortis qui sont valorisées environ 5 milliards d'euros, pourraient ne pas être reprises à 100 %. Cela ne dégraderait pas les conditions du deal », a précisé à L'Echo un porte-parole de la banque française confirmant ainsi des informations de l'agence Reuters.

Évoquant le scénario du stand alone, BNP Paribas estime que « ce projet ne repose sur rien. La valeur de Fortis repose sur l'adossement à un groupe solide. Le soutien de l'État n'est pas un projet en soi ».

Face à la grogne des petits actionnaires, le groupe tient à justifier son prix, évoquant à titre comparatif les valorisations respectives de Deutsche Bank et Barclays qui se montent à 11 et 16 milliards d'euros. Et de conclure « qu'une telle opportunité ne se représentera peut-être pas de sitôt pour les petits actionnaires de Fortis ».

Une inconnue de taille pour l'AG : comment votera Ping An ?

Revenons sur le week-end écoulé : que va-t-il se passer maintenant que les noms des candidats au poste d'administrateur chez Fortis sont connus ? A première vue, les différents noms proposés semblent satisfaire tout le monde et si les négociations concernant une liste commune ont échoué, il y a fort à parier que les différends entre Georges Ugeux, le candidat poussé par Deminor, et Karel De Boeck, le CEO de Fortis, vont s'aplanir dans les jours à venir.

La position de Ping An, l'assureur chinois, premier actionnaire de Fortis, semble inquiéter tout le monde. Globalement, personne ne comprend pourquoi les Chinois sont sortis du bois en présentant deux candidats alors qu'ils ont déjà réussi à faire passer Louis Cheung. De bonne source, il semble que ce dernier n'ait plus vraiment la confiance de Ping An.

L'assureur chinois poussera d'ailleurs la candidature de Jozef De Mey. Pour mémoire, ce dernier, après avoir travaillé sept ans chez Fortis, avait été pressenti par Deminor pour figurer sur une première liste de candidats. Pour une raison inexpliquée, De Mey avait fait faux bond à Deminor avant de réapparaître, cette fois, sur la liste de Ping An.

Que veulent les Chinois ? C'est toute la question. Lors des prochaines assemblées, tous les regards seront tournés vers eux.

Avec 4,87 % du capital, la voix de l'assureur comptera beaucoup...

NK et KT

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