Publicité

Pourquoi l'inflation a-t-elle passé la barre des 5% ?

© /Hollandse Hoogte

Ca y est l'inflation a passé le cap des 5% au mois de mai en Belgique.Précisément, ce mois-ci, l'indice des prix à la consommation s'est établi sur un base annuelle à 5,21% contre 4,15% au mois d'avril, selon les chiffres publiés par le SPF économie.L'analyste de la banque Dexia, Jacques de Pover, nous explique les raisons de ce taux record.

Bruxelles (L'Echo) - Ca y est l'inflation a passé le cap des 5% au mois de mai en Belgique. Une nouvelle accélération qui a de quoi préoccuper. Pouvoir d'achat des ménages ? Prix du mazout ? Evolution des salaires ? S'il y a bien une statistique qui touche tout un chacun, c'est celle qui mesure l'évolution des prix à la consommation.

Précisément, ce mois-ci, l'indice des prix à la consommation s'est établi sur un base annuelle à 5,21% contre 4,15% au mois d'avril, selon les chiffres publiés par le SPF économie.

Premiers responsables de cette amplification : le maudit baril de brut et sa hausse de prix galopante auquel on additionnera l'augmentation des prix dans le secteur alimentaire. " On s'attendait aux chiffres publiés. Depuis six mois, le prix du brut grimpe à coup de dix dollars, combiné à la forte tension sur les prix alimentaires, cette nouvelle hausse était inévitable ", commente l'analyste de la banque Dexia, Jacques De Pover.

Moins évident, l'analyste souligne également la hausse des prix à l'exportation des produits chinois. " Nous importons de plus en plus de biens en provenance de la Chine. Avant, ils avaient plutôt tendance à tempérer l'inflation car les prix pratiqués étaient bas et à tendance stables, mais force est de constater qu'ils commencent à gonfler très rapidement également. Environ de 10% ces derniers mois", relève-t-il.

Au delà de ces points " concrets " , pour De Pover, " ce sont tous les éléments qui fonctionnent à l'envers. L'économie mondiale marche au ralenti, dans ce contexte, normalement la consommation d'énergie, par exemple, devrait ralentir."

Il n'y a pas, bien sûr, que chez nous que les prix à la consommation battent des records. Cependant, il semblerait bien que la Belgique surpasse ses confrères européens. Un constat que De Pover confirme et explique rationnellement . " Le poids du mazout dans le panier de la ménagère belge est plus important en Belgique, qui est un pays nordique il ne faut pas l'oublier, que dans la majorité des pays de la zone euro. L'effet pétrolier se ressent donc de façon plus importante dans les chiffres de l'inflation belge. "

A cette consommation de mazout plus élevée, il faut encore additionner " la hausse des prix du gaz et de l'électricité début 2008 même si cet effet ne se reproduira pas l'année prochaine". Les distributeurs d'électricité belges ont en effet augmenté leurs coûts en début d'année, cas isolé en Europe.

Et concrètement quel sera l'impact sur le pouvoir d'achat des ménages ? Selon De Pover, " Les salaires vont malheureusement augmenter moins vite. Le problème vient du fait qu'au sein de l'indice santé seulement une partie de la hausse des prix de pétrole sont répercutés. " Si les prix du mazout sont, en effet, comptabilisés au sein de l'indice santé, la hausse du prix de l'essence n'est pas incluse dans l'indice, d'où l'impact moins important sur l'ajustement des salaires.

Quant à une amélioration de la situation, il faudra être patient. " Pas avant le mois d'octobre. D'ici là l'inflation va continuer à augmenter, c'est quasi certain ", constate l'analyste. Mais attention, il faut rester réaliste car si les prix à la consommation devraient descendre en octobre prochain, " ce n'est que dans l'hypothèse que les prix du pétrole, qui ont débuté leur ascension à cette période un an plus tôt, commenceraient à diminuer". Et selon de Pover, " les pays de l'Opep n'ont aucun intérêt à augmenter leur production actuellement ".

Pour l'ensemble de l'année, c'est donc un chiffre de 4,2% qui est attendu. Parole d'économiste, on avait plus vu ça depuis 1985 (4,9%). Pour conclure, De Pover insiste sur l'importance de contextualiser ces données. " Il ne faut pas oublier que nous avons connu une longue période d'inflation basse avec des taux autour des 2%. Cette époque est révolue : nous utilisons désormais les ressources de manière trop intensive pour redescendre à un taux aussi bas ".

Amandine Cloot
Amandine.cloot@lecho.be

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés