Roubini prévoit une dégradation de l'économie après l'été

Nouriel Roubini

Taux de chômage trop élevé, une consommation des ménages qui croît plus lentement que le PIB, des banques peu enclines à consentir des emprunts: les arguments du Cassandre de Washington Square ne manquent pas pour étayer ses propos...

Davos (L'Echo/De Tijd) - Les économies américaine et européenne devraient se dégrader après l'été. C'est en tout cas ce qu'a affirmé ce mercredi matin l'économiste new-yorkais Nouriel Roubini lors des débats d'ouverture du forum économique mondial de Davos.

Le 'Cassandre de Washington Square', tel qu'il fut introduit dans les débats, invoque plusieurs facteurs pour étayer sa théorie pessimiste. Tout d'abord, le taux de chômage demeure trop élevé. La consommation des ménages croît plus lentement que le PIB, ce qui freine ce dernier. Les banques sont toujours peu enclines à consentir des emprunts et même si le rythme d'octroi de crédits redevenait normal, il serait inférieur à celui des années qui ont précédé la crise des crédits. Roubini se dit du reste inquiet de l'accumulation des dettes publiques aux États-Unis et craints l'effet cumulé des déséquilibres au niveau mondial.

À long terme, Roubini ne se montre pas davantage rassuré quant à l'économie européenne qui souffre, selon lui, de deux problèmes spécifiques. Le premier est la dette publique. L'économiste de Columbia craint que les investisseurs obligataires finissent par exiger des rendements supérieurs sur les emprunts d'État. Le deuxième problème de long terme concerne la concurrence.

Dans toute l'Europe, les salaires augmentent plus rapidement que la productivité. Les sociétés européennes perdent en outre des parts de marché au niveau mondial et ce, au profit de l'Asie. L'économiste prévient au passage que la Chine - dont la situation économique est relativement enviable - ne peut servir de moteur à l'économie mondiale. Le PIB de l'Europe, des États-Unis et du Japon est dix fois supérieur à celui de la Chine.

Dans quelles régions du monde l'économie se porte-t-elle bien, dans ce cas ?
À ce sujet, David Rubenstein a apporté davantage d'éclaircissements. Conseiller du président américain Jimmy Carter et cofondateur du groupe Carlyle, un fonds de placement gérant 84 milliards de dollars, Rubenstein est aussi bien introduit dans le monde politique de Washington. L'homme a identifié plusieurs opportunités d'investissement aux États-Unis : le secteur énergétique, les technologies de l'environnement et les soins de santé. " Qu'une réforme des soins de santé ait lieu ou non, nous aurons toujours besoin de hanches artificielles… et de tout un tas d'autres choses artificielles, d'ailleurs ", a-t-il précisé.

Étonnamment, Rubenstein a également épinglé le secteur financier parmi les opportunités d'investissement. La valeur des entreprises qui le composent a beaucoup diminué et le risque systémique d'effondrement du système a disparu. Enfin, il recommande les secteurs industriels, inondés de subsides par l'État américain.

Bart Haeck

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés