"Une grande dépression mondiale est possible" (Banque d'Espagne)

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Pour le gouverneur de la Banque d'Espagne, il est possible "d'entrer dans un cercle vicieux où les consommateurs ne consomment pas, les entreprises licencient et les banque ne prêtent pas... Cela nous mènerait à une plus grande dépression, ce qui n'est pas à écarter".

Photo : Miguel Fernandez Ordonez

(afp) - L'incertitude sur l'économie mondiale est actuellement "totale" et une "grande dépression" est possible, prévient dimanche le gouverneur de la Banque d'Espagne, Miguel Angel Fernandez Ordoñez.

"Le manque de confiance est total. Le marché interbancaire ne fonctionne pas et génère des cercles vicieux: les consommateurs ne consomment pas, les entrepreneurs n'embauchent pas, les investisseurs n'investissent pas et les banques ne prêtent pas", déclare-t-il dans un long entretien au journal espagnol El Pais.

"Il y a une paralysie presque totale dont personne n'échappe", ajoute le responsable qui indique que la reprise économique globale, actuellement anticipée pour fin 2009 début 2010, pourrait être retardée par "manque de confiance".

Une reprise relativement rapide est cependant possible grâce à la chute des prix pétroliers et à la baisse des taux, reconnaît M. Ordoñez. Mais il est également possible "d'entrer dans un cercle vicieux où les consommateurs ne consomment pas, les entreprises licencient et les banque ne prêtent pas... Cela nous mènerait à une plus grande dépression, ce qui n'est pas à écarter".

"Cette crise financière est la plus importante depuis la grande dépression" de 1929, relève encore M. Ordoñez pour qui les prévisions du Fonds monétaire international (FMI) qui tablent sur une contraction de 0,3% du Produit intérieur brut pour les pays développés en 2009 après +1,4% en 2008, sont "assez raisonnables".

Le gouverneur indique encore qu'il serait "logique" que le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) où il siège, décide lors de sa prochaine réunion en janvier d'une nouvelle baisse des taux "si entre autres variables, nous observons que les prévisions d'inflation vont très nettement sous les 2%".

Concernant la baisse spectaculaire des taux par la Réserve fédérale américaine (Fed), il souligne qu'il "recommanderait certainement de faire la même chose" dans la zone euro si la situation économique y était aussi "dramatique" qu'aux Etats-Unis.

M. Ordoñez juge par ailleurs "très possibles" des fusions entre banques si les résultats de celle-ci "chutent". "Le sens commun indique qu'il y aura des fusions", indique-t-il.

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