A la Bourse de Dubaï, les investisseurs tentent désespérément de vendre

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Les investisseurs ont assisté à la plongée de la Bourse de Dubaï, qui a fermé en baisse de 7,3% lundi, premier jour ouvrable depuis l'annonce des difficultés financières de Dubai World, l'un des fleurons économiques de l'émirat.

(afp) - Bien avant l'ouverture de la Bourse de Dubaï lundi matin, Mohammad Nasser est arrivé avec la ferme intention de vendre ses actions. Mais ses espoirs se sont envolés à mesure que la bourse plongeait.

"Je voulais vendre mes actions, mais cela ne va pas être possible" en raison de l'absence d'acheteurs, se désole Nasser, un Emirati de 36 ans.

"Je crois que le marché va encore chuter demain, et probablement la semaine prochaine", ajoute-t-il.

La Bourse de Dubaï a fermé en baisse de 7,3% lundi, premier jour ouvrable depuis l'annonce des difficultés financières de Dubai World, l'un des fleurons économiques de l'émirat.

Les bourses des Emirats doivent à nouveau fermer à partir de mercredi pour quatre jours, en raison de la fête nationale émiratie.

"Nous voyons tout notre argent s'envoler, pfft..., juste comme ça", se désole un autre investisseur, Layeb Ahmed, 32 ans.

"C'est très mauvais, c'est vraiment très mauvais. J'espère que cela va s'arrêter", ajoute-t-il.
Les investisseurs, la plupart en robe branche traditionnelle, sont assis par petits groupes sur les fauteuils en cuir dans la salle des changes. Certains suivent l'évolution des titres sur des ordinateurs, d'autres lisent des journaux.
Sur les huit écrans électroniques, les chiffres s'affichent en rouge, annonçant des baisses successives des actions et de l'indice général de la bourse.

L'effondrement des marchés est intervenu malgré l'annonce dimanche soir par la Banque centrale des Emirats de la mise à disposition de liquidités supplémentaires pour consolider le système bancaire et rassurer les investisseurs.

Dubaï avait annoncé mercredi son intention de demander aux créanciers de son conglomérat Dubai World, qui contrôle notamment le géant immobilier Nakheel, de surseoir de six mois, jusqu'au 30 mai 2010, au paiement de la dette arrivée à maturité.

Le moratoire envisagé concerne le paiement, prévu le 14 décembre, de 3,5 milliards de dollars d'obligations islamiques par Nakheel.
"Le marché a perdu la confiance des investisseurs car il n'y a pas d'informations" sur la manière dont les autorités de Dubaï entendent sortir de la crise, affirme Nasser.

"Les responsables (de l'émirat de Dubaï) doivent parler, ils doivent dire ce qui va se passer. Nous voulons savoir, parce que notre argent est en jeu", renchérit Ahmed.

Lundi en début d'après-midi, après un silence quasi-total depuis le début de la crise, le gouvernement de Dubaï a annoncé qu'il ne garantirait pas la dette du conglomérat public Dubai World.

Mais malgré ce lundi noir, beaucoup d'investisseurs assurent qu'ils n'ont pas perdu confiance en l'émirat.
"Nous avons confiance en nos dirigeants (...) nous sommes certains qu'ils vont résoudre cette crise", affirme Abou Hani, un instituteur à la retraite de 60 ans qui a été témoin de la transformation de Dubaï de modeste port en ville futuriste.

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