Amnistie fiscale italienne vide les caisses suisses

Sur les 85,1 milliards d'euros régularisés et signalés à la date du 15 février, 59,9 milliards étaient cachés en Suisse, a indiqué la banque centrale.

(AFP) - Plus des deux-tiers des biens et des capitaux cachés par des Italiens à l'étranger et régularisés dans le cadre de l'amnistie fiscale adoptée par le gouvernement proviennent de Suisse, a annoncé mercredi la Banque d'Italie.

Sur les 85,1 milliards d'euros régularisés et signalés à la date du 15 février, 59,9 milliards étaient cachés en Suisse, a indiqué la banque centrale. Sur cette somme, 24,9 milliards sont revenus en Italie tandis que 35 milliards ont été seulement rapatriés juridiquement, c'est-à-dire à travers la création d'une structure ad hoc disposant de la propriété des biens, et sont restés en Suisse.

Le ministère de l'Economie italien avait annoncé fin décembre que le montant total régularisé au 15 décembre s'élevait à 95 milliards d'euros, dont 98% avaient été rapatriés.

La Banque d'Italie explique notamment cette différence par le fait qu'elle n'a pas inclus dans ses statistiques certains biens comme des bijoux ou des oeuvres d'art et qu'elle n'a pas comptabilisé les sommes inférieures à 50.000 euros.

Le deuxième pays où les Italiens avaient dissimulé leurs biens est le Luxembourg avec 7,3 milliards, selon la banque d'Italie.
Viennent ensuite Monaco (4,1 milliards), Saint-Marin (3,8 milliards) et l'Autriche (1,2 milliard).

Cette amnistie, dont la durée avait été fixée à trois mois, était arrivée à échéance le 15 décembre mais le gouvernement a décidé de la prolonger jusqu'à fin avril en relevant le niveau de la taxe à payer.

Jusqu'à la fin du mois de février, elle sera équivalente à 6% de la somme, puis de la fin février à la fin avril, elle représentera 7% de la somme, contre 5% lors de la première phase.

En décembre, cette mesure avait déjà fait rentrer près de 5 milliards dans les caisses de l'Etat italien, très endetté.
Parallèlement à cette amnistie, l'Italie a intensifié la lutte contre l'évasion fiscale.

Le fisc et la police financière ont annoncé mercredi avoir lancé des contrôles portant notamment sur des filiales de banques slovènes en Italie. Des opérations contre des banques suisses et autrichiennes avaient déjà été effectuées ces derniers mois.

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