Bourses: l'Europe se redresse mais pas l'Asie

Les Bourses mondiales restent hésitante deux jours après l'onde de choc déclenchée en Chine, l'Europe se rétablissant jeudi modestement tandis que l'Asie demeure déprimée du fait des craintes persistantes des investisseurs, selon les spécialistes.Les places européennes se reprenaient légèrement à mi-séance, Londres gagnant 0,63%, Paris 0,17%, Francfort 0,05% et Zurich 0,70% vers 11H30 GMT.Les principales places d'Asie ont terminé elle de nouveau en baisse, Tokyo cédant encore 0,86% (après -2,85% mercredi), Hong Kong 1,55%, Taipei (qui était fermée mercredi) 2,83% et Shanghaï perdant 2,91%, effaçant en partie son rebond de 3,94% de la veille.En revanche, Sydney a regagné 0,38%, Wellington 0,29%, Manille 4,0% et Bombay 1,71%.

(afp) Wall Street, qui avait subi mardi sa pire chute depuis septembre 2001, s'est de son côté repris légèrement mercredi (+0,43% pour le Dow Jones).Les spécialistes des marchés s'accordent à prévoir le maintien d'une volatilité importante dans les jours et semaines qui viennent, dans l'attente notamment de nouveaux indicateurs économiques susceptibles d'infirmer ou de confirmer le risque d'un ralentissement de la croissance américaine plus fort que prévu, l'un des facteurs déclencheurs de la tourmente actuelle."Les investisseurs se demandent si la tempête est vraiment terminée ou non", a lancé Masatoshi Sato, stratège chez Mizuho Investors Securities, prévenant qu'"on pourrait assister prochainement à des soubresauts sur certains marchés où les prix sont surévalués".

Les analystes de Goldman Sachs en Asie ont estimé que les actions des places asiatiques étaient "vulnérables à des corrections après huit mois de fortes performances", comme l'a démontré la chute de près de 9% de Shanghaï mardi, l'autre grand facteur de cette tempête boursière.Mais la plupart des experts restent confiants, jugeant la croissance mondiale solide et relativisant les craintes d'effondrement des marchés en Chine, où les autorités ont nié les rumeurs selon lesquelles elles s'apprêtaient à taxer les plus-values boursières."Malgré ces turbulences, il nous semble toute même important de ne pas céder à la panique", a notamment déclaré Jean-Pierre Hellebuyck, vice-président de la société AXA Investment Managers, qui gère plus de 470 milliards d'euros de placements dans le monde.En effet, souligne-t-il, "la récession est loin d'être acquise aux Etats-Unis et l'expansion se poursuit en Europe et en Asie".

Et les liquidités continuent d'abonder sur les marchés, grâce notamment au mécanisme de portage en yens (carry-trade), qui permet aux investisseurs internationaux de financer leurs placements en empruntant de l'argent au Japon, où ils profitent de taux d'intérêts toujours extrêmement faibles (0,5% par an)."L'impact de la chute boursière mondiale devrait bientôt s'estomper. Beaucoup continuent à penser qu'il ne s'agit que d'un phénomène temporaire", a expliqué de son côté Kenichi Azuma, courtier chez Cosmo Securities."La correction devrait s'achever en mars. Mais les craintes de dégradation des résultats des entreprises vont probablement faire en sorte que la reprise sera plus timorée que celle, très forte, observée pendant la seconde moitié de 2006", a nuancé Philip Niem, stratège chez Barclays Wealth Asia.

Plus pessimiste, Simon Haley du cabinet Capital Economics a mis en garde contre les risques d'une poursuite de la correction, jugeant notamment les marchés trop optimistes sur la capacité de l'économie américaine à accélérer sa croissance.

"La baisse des marchés s'explique surtout par la remontée de la prime de risque sur les actions, qui était à des niveaux historiquement bas", a-t-il affirmé, en prévenant que les investisseurs s'inquiétaient de la remontée en cours des taux d'intérêts au Japon, qui pourrait à terme finir par sonner le glas des opérations de carry-trade et assécher le flux mondial des liquidités.

Photo belga

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