Bruxelles met en garde contre la poursuite des mesures de relance

Joaquin Almunia ©AFP

La Commission européenne a mis en garde lundi contre la poursuite sans fin de mesures de relance dans l'UE, compte tenu de l'ampleur des déficits publics, au moment où la France prépare le lancement d'un vaste emprunt d'Etat et que l'Allemagne promet des baisses d'impôts.

Bruxelles (afp) - Interrogé par la presse sur le point de savoir s'il fallait de nouvelles mesure de relance économique, le commissaire aux Affaires économiques, Joaquin Almunia, a répondu "non", en arrivant à une réunion des ministres des Finances de la zone euro à Bruxelles.

L'Espagnol a estimé que l'heure n'était "pas aux mesures de stimulation" de l'économie "mais à l'assainissement du système financier" pour regagner la confiance des acteurs économiques, ainsi qu'à la "consolidation" pour réduire les déséquilibres.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a abondé dans ce sens, lors d'une conférence de presse séparée. "Je ne pense pas que la solution soit de continuer indéfiniment les politiques d'expansion" économique, a-t-il dit. "La solution est de revenir le plus vite possible à des finances publiques saines" et à une politique budgétaire "soutenable" sur le moyen terme.

Le président français Nicolas Sarkozy vient ainsi d'annoncer le lancement d'un vaste emprunt national, début 2010. Et ce alors que les comptes publics de la France s'enfoncent déjà dangereusement dans le rouge. Paris table sur un déficit public compris entre 7 et 7,5% tant en 2009 qu'en 2010.

Le ministre français du Budget, Eric Woerth, a réaffirmé lundi que les fonds ainsi dégagés ne financeraient que des "dépenses d'investissement" rentables pour les générations futures, et en aucun cas les dépenses courantes de l'Etat.

"Comment faire pour assainir les finances publiques après la crise ? La France dit: il faut investir. Mme (Angela) Merkel (la chancelière allemande, ndlr) dit : il faut baisser les impôts. Tout le monde a compris qu'en sacrifiant l'investissement et en augmentant les impôts on ne ferait que creuser davantage les déficits", a aussi souligné l'un des principaux conseillers du président Sarkozy, Henri Guaino, dans une interview au quotidien Les Echos.

La chancelière allemande a promis des baisses d'impôts importantes en vue des élections législatives qui se tiennent dans son pays fin septembre.

Le ministre belge des Finances, Didier Reynders, a insisté lundi à son arrivée à la réunion avec ses collègues sur la nécessaire "coordination" entre pays.

"On va essayer de voir s'il y a un moyen de mettre tout le monde un peu sur la même ligne, c'est-à-dire continuer cette année et l'année prochaine certaines mesures de relance et, au-delà, se fixer des objectifs clairs de retour à l'équilibre"
, a-t-il dit.

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