Dubai ne garantira pas les dettes de Dubai World

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Dubai ne garantira pas les dettes de Dubai World et les créanciers seront affectés "sur le court terme" par la restructuration de ce conglomérat, a déclaré lundi un haut fonctionnaire du gouvernement de l'émirat. Abdulrahman al-Saleh, directeur général du ministère des Finances de Dubai, a également estimé que les réactions à l'annonce relative à Dubai World la semaine dernière étaient exagérées, démesurées par rapport aux problèmes réels du conglomérat.

(Reuters) - "Je ne pense pas que les banques en soient au point d'avoir besoin d'un supplément de liquidités apporté par la banque centrale", a-t-il déclaré à Dubai TV.  

"Les créanciers doivent assumer leur propre part de responsabilité tenant à leur décision de prêter aux entreprises. Ils pensent que Dubai World fait partie de l'Etat, ce qui est incorrect".

Dubai a demandé mercredi dernier aux créanciers de Dubai World et de sa filiale immobilière Nakheel un moratoire de six mois sur leurs dettes, et ce dans le cadre d'une restructuration des opérations du conglomérat.

L'annonce a produit une onde de choc sur les marchés de la planète. Les Bourses de Dubai et d'Abou Dhabi étaient en forte baisse lundi, dans le sillage des valeurs bancaires et du bâtiment.

Elles étaient fermées ces derniers jours, pour la fête de l'Aïd, et c'est donc leur première réaction à la demande de moratoire. La Bourse d'Abu Dhabi a perdu 8,31% et celle de Dubaï 7,3%.

Les banques sont les plus touchées, les investisseurs anticipant dépréciations et provisions sur créances. Les valeurs de l'immobilier, qui avaient déjà pâti de la crise financière, sont également attaquées car les boursiers craignent qu'elles subissent de nouvelles vicissitudes.
National Bank of Abou Dhabi, qui dit avoir une exposition de $345 millions à Dubai World Group, chute de 9,7%.

CAS PARTICULIER

Nakheel a entre temps demandé une suspension des transactions sur trois de ses emprunts islamiques sukuk cotés, représentant $5,25milliards (3,5 milliards d'euros), jusqu'à ce que soient connues les modalités de la restructuration de sa société-mère.

Cette demande a brièvement figé les transactions sans les interrompre car les obligations sont échangées de gré à gré et non pas en Bourse, où leur cotation n'est considérée que comme une formalité technique.

Le marché pensait vraiment jusqu'alors que l'un de ces trois sukuks, d'un montant de $3,5 milliards, serait remboursé dans les temps.  

La banque centrale des EAU a fait savoir dimanche qu'elle mettait à disposition en urgence des liquidités supplémentaires afin de soutenir les banques

A l'exemple d'Adbulrahman al-Saleh, médias et chefs d'entreprise de Dubaï se sont employés à dédramatiser la situation lundi.  

Le quotidien de langue anglaise Khaleej Times défend ainsi le gouvernement face à ceux qui lui reprochent d'avoir sapé la crédibilité et la transparence de l'émirat en faisant son annonce quatre jours seulement avant l'Aïd.

De fait, si les Bourses émiraties baissent, leur recul est toutefois moins prononcé que certaines analystes ne le craignaient, elles trouvent leur soutien dans la fermeté des Bourses asiatiques et dans l'annonce des mesures de soutien de la banque centrale des EAU.  

"Les investisseurs conserveront sans doute leurs actions après les forts dégagements de la semaine dernière, les craintes d'un effet de contagion de la dette de Dubai s'étant apaisées durant le week-end", constate Eddy Chen (National Investment Trust, Taïwan).

"On se rend compte peu à peu que Dubaï est un cas particulier, qui ne reflète pas la situation économique internationale".

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