Forum de Doha: cartel du gaz évoqué mais peu probable à court terme

Les pays exportateurs de gaz se sont réunis lundi à Doha pour discuter de la création éventuelle d'un cartel du gaz sur le modèle de l'Opep pour le pétrole, une idée qui inquiète les pays consommateurs, mais qui semble peu probable à court terme.

(afp) Le ministre de l'Energie du Qatar, pays hôte, Abdallah Al-Attiyah, a indiqué que le 6e Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG) discuterait de l'idée, mais il ne l'a pas soutenue.

Le FPEG, une structure informelle fondée en 2001, regroupe une quinzaine de pays riches en gaz naturel, dont la Russie, l'Iran, le Qatar, le Venezuela et l'Algérie, qui contrôlent 73% des réserves mondiales et 42% de la production.

Le Premier ministre qatari, cheikh Hamad Ben Jassem Al-Thani, n'a pas évoqué l'idée d'un cartel à l'ouverture du forum, mais il a appelé les pays membres à coopérer davantage.

Il a également prôné un renforcement de la coopération entre producteurs et consommateurs pour "garantir la stabilité du marché mondial sur la base de conditions justes assurant les intérêts de toutes les parties".

L'idée d'une Opep du gaz a été évoquée ces dernières semaines notamment par l'Iran, et cet été après la signature d'une alliance entre les compagnies russe Gazprom et algérienne Sonatrach, deux des principaux fournisseurs de gaz de l'Europe.

Elle a été relancée début février par le président russe Vladimir Poutine, qui l'a jugée "intéressante". La Russie détient près de 30% des réserves prouvées de gaz dans le monde et assure 20% de la production.

"Nous sommes convenus de la création d'un comité technique présidé par la Russie, pour étudier et évaluer la situation sur le marché du gaz et d'autres questions relatives à l'industrie du gaz", a déclaré M. Attiyah après une première séance du Forum.

"C'est le résultat des discussions sur la proposition de former une organisation des pays exportateurs de gaz", a-t-il ajouté, précisant que le 7e Forum se tiendrait à Moscou.

Selon le ministre russe de l'Energie Viktor Khristenko, "le Forum du gaz devrait continuer à fonctionner tel qu'il est et à maintenir sa position de transparence et de coordination envers les pays consommateurs".

Mais il a souligné que le FPEG devrait étudier les cours du gaz. "Nous sommes convenus de lancer une étude conjointe sur cette question et la Russie est disposée à faire partie de ceux qui vont la mener", a-t-il ajouté.

L'hypothèse d'un cartel qui pèserait sur les prix et les approvisionnements inquiète l'Europe, qui importe plus de la moitié de son gaz.

Le Venezuela et l'Iran mènent campagne pour la création de ce cartel pour défendre, selon eux, les intérêts des producteurs.

"Je crois qu'une organisation des pays exportateurs de gaz est bénéfique pour toutes les parties", a déclaré le ministre iranien du Pétrole, Kazem Vaziri Hamaneh, aux journalistes après l'ouverture du Forum.

"Nous avons sans aucun doute des propositions pour un cartel, mais le processus est lent comme c'était le cas pour l'Opep", a-t-il ajouté.

"Nous sommes ici pour soutenir une Opep du gaz. C'est une bonne idée", a déclaré le ministre vénézuélien de l'Energie, Rafael Ramirez.

Mais son homologue égyptien, Sameh Fahmi, s'y est opposé. "Ce n'est pas une bonne idée à ce stade", a-t-il dit, ajoutant que "le monde n'est pas préparé à avoir une Opep du gaz".

Le Qatar, l'Algérie et l'Indonésie ne se sont pas prononcés sur la question, se bornant à dire qu'ils voudraient entendre l'avis des autres ministres.

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a averti en février qu'un cartel du gaz réduirait la demande et affecterait les producteurs.

Les caractéristiques du marché du gaz rendent un cartel fonctionnant sur le modèle de l'Opep difficile à concevoir, en raison notamment de l'impossibilité de modifier brusquement les prix, les transactions se faisant sous forme de contrats à long terme (15 ou 20 ans).

Photo Belga

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