Interview avec Francis Verheughe

Francis Verheughe, directeur de Siemens Belgique, succède à Thomas Leysen à la tête d'Agoria.

(l'écho) A l'occasion de ce nouveau mandat, L'Echo lui a posé quelques questions préliminaires.

Quelle sera la priorité de votre mandat?

Certainement de rendre l'attractivité au secteur technologique. Pour promouvoir le monde industriel en Belgique, il faut mettre l'accent sur l'esprit d'entreprendre auprès des jeunes. C'est incontournable. Ce sont les inventeurs qui sont à la base des grandes sociétés. Le problème, il vient du fait que dans notre pays, on ne pousse pas à la prise de risques. Or, dans le monde industriel, il faut une combinaison entre l'élément technologique et la création de l'entreprise.

Comment rendre ce goût d'entreprendre ?

En renforçant les contacts avec les jeunes et auprès de ceux qui les influencent. Il faut admettre que notre système éducatif ne favorise pas les jeunes à développer leurs idées et à avoir un esprit d'entreprise.

Par rapport à la FEB, quelle est la marge de manoeuvre d'Agoria?

Agoria a une double mission. La première est, avec la FEB, de donner un support à des thèmes génériques comme le coût du travail. Mais notre rôle doit être plus spécifique en touchant de près chaque problème et chaque secteur.

Quand vous abordez le problème d'attractivité et de formation chez les jeunes, quelle est votre position par rapport aux revendications politiques sur la réforme de l'emploi ?

Les solutions génériques sur la Belgique me semblent moins efficaces que des solutions au niveau d'une entreprise. Le politique parle de régionalisation. Moi, je dis qu'il y a plus de points communs dans un secteur au travers de deux régions qu'entre deux secteurs dans la même région.

Le plan Marshall est-il la réponse attendue au problème wallon?

Que dit le plan Marshall? Il donne les secteurs sur lesquels il faut se pencher. C'est très bien mais si on compare le plan à celui d'autres régions d'Europe, il n'y a pas de différence. Il serait intéressant de se demander ce qui va faire que nous allons développer quelque chose de particulier par rapport aux autres.

Que préconisez-vous pour l'après-Marshall ?

Que peut apporter une région par rapport aux autres? Il ne faut pas être divin pour savoir qu'on ne sera pas les moins chers demain. Par contre, on a un bon système d'enseignement et des gens qui sont inventifs. Il faut maintenant les pousser à créer une société.

C'est un jeu de course poursuite: comment puis-je rester devant?

Et par rapport à la concurrence chinois ou indienne, comment se démarquer?

Faut-il contre-attaquer, travailler avec eux? Et si oui, de quelle manière? Il ne faut pas se leurrer: un pays comme la Chine peut être très concurrentiel dans certains secteurs mais beaucoup moins dans d'autres. L'avenir en Belgique se trouve dans les spin-offs. C'est via un réseau de petites sociétés qu'on va créer des milliers d'emplois.

Au sein de Siemens, menez-vous également ce genre de débat?

Absolument. Nous avons commencé à nous pencher sur le Chine il y environ 30 ans. Nous avons des joint-ventures dans ce pays. Environ 20.000 chinois travaillent pour Siemens. La Chine est le pays où Siemens enregistre le taux de croissance le plus important.

Vous avez déjà parcouru un fameux bout de route chez Siemens…

C'est vrai. Je suis arrivé chez Siemens il y a un peu plus de trente ans. C'est à dire que j'y ai passé à peu près l'intégralité de ma carrière. J'ai commencé à l'exportation essentiellement vers l'Algérie dans le secteur de l'eau. Ensuite, je me suis occupé d'informatique industrielle avant de devenir responsable du département énergie. Il y a une dizaine d'années, j'ai été nommé CEO de Siemens. Depuis, je m'occupe surtout de la partie télécoms et IT.

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