L'euro proche de son record, mais l'Eurogroupe n'est pas inquiet

L'euro s'est encore rapproché de son record face au dollar vendredi sur le marché des changes, sans que cela semble inquiéter particulièrement les responsables économiques de la zone euro.L'euro a grimpé jusqu'à 1,3637 dollar en début de matinée, tout près de son record à 1,3666 dollar du 30 décembre 2004.

(afp) Vers 10H20 GMT (12H20 à Paris), l'euro valait 1,3605 dollar contre 1,3609 dollar jeudi vers 21H00 GMT."Les échanges asiatiques n'ont donné aucun signe d'un redressement du dollar. Il se remet même à faiblir depuis le début des échanges européens", a remarqué Peter Franck, de la banque ABN Amro.Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a toutefois estimé vendredi matin que le niveau de l'euro n'était pas préoccupant, à son arrivée à la réunion des ministres des Finances de la zone euro à Berlin."L'euro s'est apprécié non pas d'une façon brutale mais d'une façon lente", a expliqué M. Juncker, Premier ministre et ministre des Finances du Luxembourg.Le ministre espagnol, Pedro Solbes, s'est contenté lui de reprendre le credo monétaire officiel de l'eurogroupe, semblable à celui du G7."Notre position est clairement définie et n'a pas changé: notre principal souci est une volatilité excessive" des taux de change, a-t-il déclaré.Le secrétaire d'Etat autrichien aux Finances, Christoph Matznetter, s'est montré encore moins inquiet, en plaidant pour le laisser-faire. "Ce n'est pas le rôle des politiques de téléguider les cours des changes", a-t-il dit.L'appréciation de l'euro fait cependant craindre pour la reprise économique européenne à certains responsables industriels, notamment en France où la présidente du Medef, Laurence Parisot, avait appelé mardi à une "véritable politique de change en Europe".

L'accès de faiblesse actuel du dollar, qui s'observe aussi face à la livre sterling qui a grimpé cette semaine au plus haut depuis 1981, est lié au ralentissement économique américain.Selon les cambistes, il pourrait inciter la Réserve fédérale à baisser ses taux d'intérêt à terme, alors qu'ils sont sur la pente ascendante en zone euro et au Royaume-Uni.

Axel Weber, président de la Bundesbank et membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), a conforté dans la presse allemande les attentes d'une hausse des taux européens à 4% à court terme.La perspective d'un affrontement commercial avec la Chine pèse aussi sur le billet vert, les marchés financiers étant allergiques à toute rhétorique protectionniste des Etats-Unis.

Le 10 avril, Washington a déposé auprès de l'Organisation mondiale du commerce deux plaintes contre la Chine, concernant des questions de propriété intellectuelle et de distribution de produits culturels.Des sénateurs américains continuent parallèlement de militer en faveur de barrières douanières sur les importations chinoises, pour se protéger de l'avantage concurrentiel que tire Pékin d'un yuan jugé sous-évalué. Le 30 mars, les Etats-Unis ont imposé des tarifs sur les importations de papier couché.

"Le problème de la relation commerciale entre la Chine et les Etats-Unis va être un des facteurs qui pèseront sur le dollar dans les semaines à venir", a estimé Gavin Friend, de la Commerzbank.

Photo Belga

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