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L'Europe veut camoufler les actifs toxiques

©Lieven Van Assche

Les banques souffrent. Comment les aider ? Les Etats-Unis ont trouvé la parade : pourquoi ne pas camoufler leurs actifs toxiques derrière un artifice comptable ? C'est ce que permet depuis jeudi passé l'autorité comptable américaine, le FASB. Le but est d'éviter la volatilité des bilans bancaires. L'Europe veut intervenir... en proposant la même chose sur son sol.

Bruxelles (L'Echo) - Les banques souffrent. Elles ne cessent de déprécier les actifs qu'elles détiennent, principalement sur le marché immobilier américain en continuelle descente aux enfers. Comment les aider ? Les Etats-Unis ont trouvé la parade : pourquoi ne pas camoufler leurs actifs toxiques derrière un artifice comptable ? C'est ce que permet depuis jeudi passé l'autorité comptable américaine, le FASB. Le but est d'éviter la volatilité des bilans bancaires, fortement pénalisés par des actifs qui ne trouvent plus preneur. Certains évoquent des hausses de profit de 20 % sur les bilans.

Le geste n'a pas manqué d'irriter analystes et investisseurs, qui dénoncent l'opacité conséquente entourant les banques américaines. Sans compter l'impossibilité de comparer avec leurs collègues européennes. Réponse du berger à la bergère, l'Europe veut intervenir… en proposant la même chose sur son sol.

MESURE CONTRE-PRODUCTIVE


C'est la deuxième fois que le Vieux Continent est forcé de suivre une initiative unilatérale des Etats-Unis en ce sens. Certains établissements européens en ont profité. Juste après la chute de la banque d'investissement Lehman Brothers en septembre dernier et le chaos boursier qui a suivi, les autorités américaines avaient déjà assoupli leurs règles comptables. Cette fois, ils ont été beaucoup plus loin. Ce qui n'est pas sans provoquer une réaction contre-productive. En effet, les marchés ne sont pas dupes. En Bourse, les banques américaines ont sous-performé leurs cousines européennes depuis l'annonce de l'assouplissement comptable. Hier, plusieurs analystes estimaient que les banques ne profiteraient pas de cet effet cosmétique. Les actifs toxiques restent en effet sur les bilans malgré tout. Pire, les mauvaises créances continuent de s'accumuler. Hier lundi, les perspectives d'une musculation européenne n'ont pas non plus profité à nos banques. Le secteur a clôturé en baisse de 0,29 %.

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