L'Iran lance des appels d'offres pour deux centrales nucléaires

L'Iran a déjà pris des contacts avec des sociétés russes et européennes a indiqué un responsable de l'agence atomique iranienne.

(afp) L'Iran a annoncé dimanche le lancement d'appels d'offres pour la construction de deux centrales atomiques, alors qu'il est sous une pression croissante de la communauté internationale pour suspendre son programme nucléaire.

"L'Iran lance deux appels d'offres pour la construction de deux nouvelles centrales de 1.000 à 1.600 Mw à Bouchehr (sud)", a déclaré dimanche à la presse Ahmad Fayaz-Bakhsh, directeur pour la production et le développement de l'énergie nucléaire à l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA).

Les appels d'offres, qui expirent le 8 août prochain (bien 8 août), devaient être remis à la presse dimanche, et l'Iran a déjà pris "des contacts avec des sociétés russes et européennes", a-t-il ajouté.

Ces annonces interviennent alors que l'Iran est sous une pression croissante de la communauté internationale pour suspendre ses activités nucléaires sensibles, et que l'achèvement de sa première centrale nucléaire par la Russie a encore subi un retard.

"Les deux centrales "seront construites à côté de la centrale (russe, ndlr) de Bouchehr, avec une capacité totale de 2.000 à 3.200 Mw", a dit le responsable.

Le coût de chaque centrale s'établirait entre 1,4 et 1,7 milliard de dollars, et leur construction s'étalerait sur neuf à onze ans, selon lui.

Le "combustible sera fourni par la production locale et étrangère", a-t-il ajouté, alors que les grandes puissances exigent justement de Téhéran qu'il suspende ses activités d'enrichissement d'uranium.

Ce procédé permet d'obtenir le combustible pour une centrale civile si l'enrichissement est limité à 5%, mais peut servir à la construction de la bombe atomique s'il atteint 90%.

Téhéran défend ses activités d'enrichissement en les présentant comme le seul moyen d'assurer son indépendance dans l'approvisionnement en combustible nucléaire.

De nombreux experts ont estimé que l'insuffisance des gisements de minerai d'uranium iranien et son coût élevé d'extraction rendent cet objectif illusoire.

M. Fayaz-Bakhsh a indiqué que dans le cadre du plan de développement nucléaire iranien sur 20 ans, qui prévoit l'installation d'une capacité de 20.000 Mw, "l'Iran envisage de produire le combustible pour deux centrales".

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a annoncé lundi que l'Iran avait atteint le stade industriel dans son programme d'enrichissement d'uranium à Natanz.

Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohamed ElBaradei, a minimisé l'importance de cette annonce, en affirmant jeudi que l'Iran était "toujours au premier stade de la construction de l'usine d'enrichissement de Natanz" et possède seulement "des centaines" de centrifugeuses.

Interrogé à ce propos, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mohammad Ali Hosseini, a déclaré dimanche que "les inspecteurs de l'Agence se trouvent à Natanz et vont faire un rapport sur nos récentes activités".

"M. ElBaradei sera informé des derniers développements (...) et les ambiguïtés seront levées" à propos du nombre de centrifugeuses d'enrichissement en activité, a-t-il ajouté.

M. Fayaz-Bakhsh a déclaré que les deux appels d'offre prévoient que 36% de la construction de ces nouvelles centrales doivent être effectuée par des entreprises iraniennes.

"Notre objectif est de passer d'ici 20 ans à un niveau de 80% construits par les entreprises iraniennes", a-t-il expliqué.

La Russie achève actuellement la construction de la première centrale nucléaire iranienne à Bouchehr. Mais sa mise en service, prévue en septembre après de nombreux reports, a encore été repoussée.

Photo Belga

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