L'Union européenne va s'imposer les énergies renouvelables

Les dirigeants des 27, désireux de rester à l'"avant-garde" environnementale, sont tombés d'accord vendredi sur une série d'objectifs pour lutter contre le réchauffement de la planète, passant par un coup d'accélérateur dans les énergies renouvelables."Ma satisfaction n'est pas mince d'être arrivé aujourd'hui à des objectifs si ambitieux et crédibles", qui permettront à l'UE "de jouer un rôle d'avant-garde" dans la lutte contre le réchauffement, s'est félicitée la chancelière allemande Angela Merkel, qui préside l'UE.

(afp) Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a lui aussi salué un accord "historique", "le plus lourd en conséquences auquel un sommet européen soit jamais arrivé".Comme prévu, les 27 se sont engagés à "réduire les émissions de gaz à effet de serre d'au moins 20% d'ici 2020 par rapport à 1990". Mais pour y parvenir, une politique énergétique ciblée et de préférence contraignante était incontournable, insistait la présidence allemande.Les Etats membres ont peiné à trouver un compromis sur un quota obligatoire de 20% pour les énergies renouvelables (éolienne, hydraulique, géothermique, solaire ou issue de la bio-masse) consommées d'ici 2020, qui va les obliger à investir dans de nouvelles sources d'énergies souvent coûteuses et en pleine évolution technologique.Ce point était le plus controversé du premier "plan énergétique" d'envergure dont s'est dotée vendredi l'UE, qui ambitionne à la fois de réduire les émissions de gaz à effet de serre et d'accroître l'indépendance énergétique des 27.

Le texte de compromis adopté mentionne explicitement la contribution de l'énergie nucléaire à la réduction des gaz à effet de serre, une demande pressante de la France, soutenue par la Finlande, la Roumanie, la Bulgarie, la Slovénie, la Slovaquie ou la République tchèque.Les 27 prennent ainsi acte de l'évaluation de la Commission sur "la contribution de l'énergie nucléaire dans le cadre de préoccupations grandissantes sur la sécurité des approvisionnements d'énergie et de la réduction des émissions de CO2".

Une première version mentionnait de manière plus laconique "la contribution de l'énergie nucléaire".Les conclusions rappellent toutefois "qu'il appartient à chacun des Etats membres de décider s'il aura ou non recours à l'énergie nucléaire". De quoi rassurer l'Autriche et l'Irlande, antinucléaires convaincus.Des Etats initialement réticents, comme la Pologne productrice de charbon, s'étaient dits prêts à se rallier à l'objectif européen moyen de 20% (contre environ 7% aujourd'hui) à condition que la répartition future de l'effort entre Etats tienne compte de leurs spécificités énergétiques.

La Pologne a également insisté pour que la statégie énergétique européenne se développe "avec un esprit de solidarité".Au sein des énergies renouvelables, les 27 ont en outre décidé de s'imposer un sous-objectif obligatoire de part de 10% des biocarburants dans leur consommation totale de carburants d'ici 2020.Chaque pays membre va désormais devoir se fixer des objectifs nationaux. Une discussion qui promet d'être pour le moins houleuse. Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso fera de premières propositions en ce sens dès le "troisième trimestre" 2007 et "avec la plus grande équité". Il souligne qu'il consultera dûment les pays membres.Ces objectifs nationaux tiendront compte de leur recours actuel aux renouvelables, de leur "palette énergétique" et de leur potentiel, stipule le texte adopté au sommet.

Dans le cadre de leur plan d'action, les 27 souhaitent aussi économiser 20% de la consommation totale d'énergie dans les quinze prochaines années, notamment dans les bâtiments, l'industrie et les transports.Ils invitent très concrètement la Commission à faire des propositions spécifiques sur l'éclairage des bureaux et des rues, ainsi que sur les ampoules classiques ou autres éclairages privés.

Photo Belga

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